21 mai 2026

Niger libéré

Journal en ligne nigérien engagé pour la liberté de presse, la souveraineté et l'information citoyenne.

Kidal : l’Africa Corps revoit sa stratégie au Mali, quel avenir pour Assimi Goïta ?

Analyse approfondie : le virage stratégique de l’Africa Corps à Kidal

Une publication récente émanant des alliés russes, l’Africa Corps, révèle bien plus qu’une simple argumentation militaire. En effet, en déchiffrant le message sous-jacent, on perçoit une manœuvre politique d’envergure, destinée à préparer l’opinion publique malienne à une réorientation majeure de la stratégie dans le Nord du Mali. Deux scénarios principaux se dessinent avec acuité.

Scénario 1 : Un désengagement progressif de l’Africa Corps vis-à-vis d’Assimi Goïta

Durant de longs mois, le président de la transition, Assimi Goïta, a bâti une part significative de sa popularité sur un engagement fort : la reprise et la sécurisation intégrale du territoire malien, avec Kidal comme symbole emblématique de la fierté nationale. Cette promesse était au cœur de son discours.

En affirmant désormais que Kidal « ne présente aucune valeur stratégique » et qu’il convient d’en éviter l’engagement, l’Africa Corps fragilise directement la position du président Goïta. Si les forces russes décident de ne plus s’investir dans la bataille pour Kidal, elles laisseront le pouvoir de Bamako seul face à des promesses difficiles, voire impossibles à tenir. Cela marquerait potentiellement le début d’un abandon politique.

Scénario 2 : La concrétisation d’un accord confidentiel avec le FLA et le JNIM

L’orientation du texte suggère une autre possibilité troublante : et si l’Africa Corps était déjà en train de mettre en œuvre un accord secret, négocié discrètement avec les éléments rebelles du Front de Libération de l’Azawad (FLA) et les groupes djihadistes du Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn (JNIM) ?

Pour justifier l’abandon du terrain à ces factions armées sans donner l’impression d’une capitulation, les communicateurs russes semblent employer une rhétorique habile : « Nous n’avons pas subi de défaite, nous évitons simplement un piège dans le désert. » En réalité, la minimisation de l’importance de Kidal pourrait servir à préparer les esprits à une cohabitation forcée ou à un partage territorial déjà convenu en coulisses.

Cette communication de l’Africa Corps met en lumière l’échec du plan initial. Pour les partenaires russes, l’heure n’est plus à la reconquête militaire. Il semble que soit ils prennent leurs distances avec la ligne intransigeante d’Assimi Goïta pour préserver leurs propres intérêts, soit ils officialisent par écrit un abandon du Nord du Mali aux groupes rebelles et islamistes, potentiellement via un pacte de non-agression.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes