4 juin 2026

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Gabon : l’obligation d’utiliser son identité réelle sur les réseaux sociaux suscite la polémique

Au Gabon, une nouvelle réglementation encadrant l’usage des plateformes numériques provoque de vifs débats au sein de la population. Une ordonnance, datée du 26 février dernier et dont le contenu a récemment circulé sur le web, impose désormais des règles strictes en matière d’identification numérique.

La fin de l’anonymat numérique pour les Gabonais

Le point central de cette discorde réside dans l’article 4 de ce texte législatif. Désormais, l’utilisation de pseudonymes est formellement proscrite sur les réseaux sociaux. Chaque internaute est tenu de décliner son identité complète, comprenant son nom, son prénom, ainsi que son numéro d’identification personnelle (NIP). Pour les entités morales et les entreprises, l’inscription au registre du commerce devient une obligation pour exercer une activité en ligne.

Cette mesure radicale divise l’opinion publique. Pour certains créateurs de contenus, à l’image de Bienvenue Effayong, plus connu sous le pseudonyme « Bitome », cette loi est une avancée majeure. Soutien du pouvoir en place et souvent ciblé par des critiques anonymes, il estime que cette décision permettra de responsabiliser les utilisateurs. Selon lui, cela mettra un terme aux dérives telles que la diffamation, les insultes ou les tentatives de déstabilisation orchestrées derrière de faux profils.

Une menace pour la liberté d’expression ?

À l’opposé, des voix s’élèvent pour dénoncer une dérive autoritaire. Marcel Libama, ancien député de la Transition, voit en cette ordonnance une atteinte flagrante à la liberté d’expression, pourtant protégée par la Constitution gabonaise. Il qualifie ce texte de « liberticide » et craint un recul démocratique majeur pour le pays.

Un cadre légal en application immédiate

Bien que promulguée durant l’intersession parlementaire, cette ordonnance est entrée en vigueur immédiatement. Le Parlement devra toutefois se prononcer ultérieurement pour la ratifier, la modifier ou éventuellement la rejeter. Cette décision intervient dans un contexte particulier, alors que l’accès aux réseaux sociaux est officiellement suspendu au Gabon depuis le mois de février.

Les autorités justifient ces mesures par une volonté de protéger la jeunesse et de garantir la stabilité des institutions face aux abus constatés sur l’espace numérique.

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