1 juillet 2026

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Félix Tshisekedi : le dialogue en RDC ne doit pas contourner la volonté populaire

À l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a adressé un message fort à la Nation ce lundi 29 juin 2026. Son appel visait à renforcer la cohésion nationale, à garantir le respect des institutions et à rejeter catégoriquement toute forme de violence comme moyen d’expression politique.

Dans son allocution prononcée à la veille de cette importante célébration, le chef de l’État a réaffirmé son ouverture au dialogue, tout en définissant des lignes rouges infranchissables. Il a clairement stipulé que le dialogue ne saurait être dévoyé de son objectif premier ni servir à contourner les institutions républicaines.

« La République maintient ses portes ouvertes à tous ses citoyens, à condition qu’ils privilégient la voie de la paix, du dialogue constructif, du respect des institutions et de la loyauté envers la Nation. Cependant, le dialogue ne saurait être détourné de son essence. Il ne saurait devenir un instrument de pression, un moyen de contourner les institutions établies ou de remettre en question la volonté du peuple, telle qu’elle est exprimée conformément à la Constitution et aux lois de la République », a affirmé Félix Tshisekedi.

Le président a également insisté sur le principe fondamental de la souveraineté populaire, rappelant qu’elle appartient exclusivement au peuple congolais.

« Le peuple congolais détient l’unique souveraineté. Nul ne peut prétendre parler durablement au nom de la Nation contre la Nation elle-même. Nul ne peut se targuer de défendre la démocratie tout en reniant ses fondements essentiels : le débat libre, le respect des institutions, la séparation des pouvoirs, la souveraineté populaire et la responsabilité devant le peuple », a-t-il poursuivi.

Abordant la situation sécuritaire et les conflits qui minent le pays, dans un contexte de manifestations contre une éventuelle révision constitutionnelle, Félix Tshisekedi a fermement condamné le recours aux armes et à la violence. Il a souligné que l’usage de la force ne confère aucun droit particulier à la négociation et ne place en aucun cas ceux qui menacent la République au-dessus de ceux qui respectent ses lois.

« À ce stade, je tiens à insister avec la plus grande fermeté : le recours à la violence, aux armes, à la haine, à la désinformation ou à toute forme d’atteinte à notre souveraineté et à notre intégrité territoriale ne saurait constituer un mode d’expression politique légitime. Il ne peut, en aucun cas, ouvrir un droit particulier à la négociation, ni conférer un statut supérieur à ceux qui menacent la République par rapport à ceux qui respectent ses lois », a-t-il martelé.

Le chef de l’État a ensuite lancé un vibrant appel aux Congolais pour qu’ils préservent l’unité nationale face aux multiples défis qui se présentent au pays.

« Nous sommes libres de débattre, de diverger et de nous opposer dans le cadre républicain. Mais nous n’avons pas le droit d’affaiblir la Nation à un moment où elle fait face à des menaces existentielles. Face aux défis qui pèsent sur notre pays, l’unité nationale n’est pas une simple option : elle est une exigence historique, un impératif absolu ! », a-t-il ajouté.

Parallèlement, Félix Tshisekedi a exhorté l’ensemble des forces vives du pays à contribuer à la stabilité nationale. Il a notamment mis en lumière le rôle crucial des responsables des confessions religieuses, ainsi que des acteurs politiques, économiques, médiatiques et de la société civile.

« J’appelle donc les acteurs politiques, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, les responsables sociaux, religieux, économiques, médiatiques et associatifs, ainsi que l’ensemble de la société civile, à faire preuve de hauteur, de retenue et de responsabilité », a recommandé le président de la République.

En République démocratique du Congo, les positions concernant le dialogue national restent profondément divergentes. Le pouvoir en place prône un dialogue strictement encadré par les institutions de la République, excluant toute remise en question de l’ordre constitutionnel et toute forme d’impunité. En revanche, une grande partie de l’opposition estime qu’un dialogue ne peut être crédible que sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC), qui ont élaboré une feuille de route commune pour un dialogue national.

Les deux principales confessions religieuses insistent sur l’importance d’un dialogue inclusif, tout en précisant que cette inclusivité ne doit pas être synonyme d’impunité. Elles suggèrent des mécanismes de justice transitionnelle et appellent à une concertation rapide pour éviter l’enracinement des groupes armés dans les territoires occupés. D’autres voix de la société civile soutiennent également le dialogue, rappelant toutefois qu’il ne doit pas servir de « blanchisserie » pour effacer les responsabilités.

À ce jour, aucun dialogue national n’a été formellement convoqué. Les initiatives diplomatiques, notamment celles des processus de Washington et de Doha, se poursuivent sans avoir, pour l’instant, entraîné d’amélioration significative de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. La médiation angolaise, quant à elle, est restée discrète ces derniers mois, sans communiquer publiquement sur la suite de ses démarches.

Félix Tshisekedi
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