29 juillet 2026

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Félix Tshisekedi et la tentation d’un troisième mandat en RDC : les enjeux d’une loi controversée

Félix Tshisekedi et la tentation d’un troisième mandat en RDC : les enjeux d’une loi controversée

Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, s'exprimant lors d'un discours national en juin 2026.

En République démocratique du Congo, un débat brûlant secoue la classe politique et la société : la Cour constitutionnelle a validé une loi autorisant l’organisation d’un référendum sur la réforme des institutions. Une décision qui, pour l’opposition, ouvrirait la voie à une révision constitutionnelle permettant au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Une interprétation catégoriquement rejetée par le camp présidentiel, qui évoque plutôt une volonté d’améliorer le fonctionnement des institutions.

Arrivé au pouvoir en 2019, Félix Tshisekedi, 63 ans, doit normalement terminer son second mandat en 2028. La Constitution congolaise en vigueur interdit explicitement toute modification du nombre ou de la durée des mandats présidentiels. Pourtant, lors d’une conférence de presse rare en mai dernier, le chef de l’État a tenu des propos ambiguës : « Je n’ai pas sollicité de troisième mandat », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Si le peuple souhaite que je sois candidat à un troisième mandat, j’accepterai ».

L’opposition mobilisée contre toute velléité de révision

La validation de la loi référendaire par la Cour constitutionnelle offre à Félix Tshisekedi une marge de manœuvre pour promulguer un texte déjà adopté par les deux chambres du Parlement. Une perspective qui fait trembler l’opposition, convaincue qu’une telle réforme pourrait permettre au président de remettre son compteur à zéro et de se représenter en 2028. Une hypothèse inacceptable pour ses opposants, qui multiplient les initiatives pour bloquer toute tentative de modification constitutionnelle.

Pour l’instant, le gouvernement n’a fourni aucun élément susceptible de dissiper les craintes de l’opposition. Félix Tshisekedi lui-même a laissé entendre, il y a quelques semaines, qu’il ne rejetterait pas l’idée d’un troisième mandat si le peuple la lui soumettait. Une déclaration qui a alimenté les suspicions et renforcé la détermination des détracteurs du président à empêcher toute manœuvre en ce sens.

L’Église catholique et la société civile en première ligne

L’Église catholique, acteur majeur en RDC, a également pris position contre toute modification de la Constitution. La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a publié un communiqué sans équivoque : « Nous ne voyons ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité de réviser la Constitution ». Un rejet ferme qui rappelle les mobilisations citoyennes de 2018, lorsque les Églises avaient joué un rôle clé pour empêcher Joseph Kabila de briguer un troisième mandat, malgré la pression populaire et internationale.

Les prélats congolais ont souligné que leur opposition s’inscrivait dans une logique de stabilité institutionnelle et de respect des règles démocratiques. Une position qui pourrait peser lourd dans les semaines à venir, alors que les tensions montent autour de cette question sensible.

Vers un dialogue national sous haute tension ?

Félix Tshisekedi a chargé les confessions religieuses d’organiser un dialogue politique, dont les contours restent flous. La question constitutionnelle pourrait y être abordée, mais les désaccords sont déjà patents. Le gouvernement souhaite avant tout aborder des thèmes liés à la cohésion nationale, notamment face aux tensions avec le Rwanda. L’opposition, elle, reste focalisée sur la défense de la Constitution et la prévention d’un troisième mandat.

Les observateurs s’interrogent sur la réelle volonté du pouvoir de mener un dialogue inclusif. Certains craignent que ce processus ne soit utilisé pour affaiblir l’opposition en proposant un nouveau partage du pouvoir, sans résoudre les questions de fond. Une stratégie déjà observée lors d’autres initiatives similaires dans le pays.

Alors que la situation reste incertaine, une chose est sûre : la question d’un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi divise profondément la classe politique et la société congolaise. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le pays parviendra à éviter une crise institutionnelle ou si, au contraire, les tensions ne feront que s’aggraver.

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