13 mai 2026

Experts et économistes du Sénégal explorent des pistes contre la dette

Au Sénégal, la quête de solutions innovantes pour alléger la dette publique

Une conférence d’économistes s’est tenue récemment à Dakar pour discuter des alternatives à la dette au Sénégal, alors que le pays fait face à une pression financière croissante. Organisée sous l’égide du Premier ministre Ousmane Sonko, cette rencontre a vu l’absence remarquée du chef du gouvernement, souffrant selon la ministre de la Justice Yacine Fall.

C’est donc Ayib Daffé, président du groupe parlementaire Pastef au pouvoir, qui a porté la voix des autorités. Il a souligné l’urgence de « sortir des sentiers battus » et de s’affranchir d’une « pensée unique », en l’occurrence celle proposée par le Fonds monétaire international (FMI). Le gouvernement sénégalais rejette en effet l’idée d’une restructuration de la dette, qui consisterait à renégocier les conditions d’emprunt en cas de difficultés de remboursement.

Conférence sur la dette au Sénégal

Pourquoi le Sénégal refuse la restructuration de sa dette ?

Les participants à cette conférence, réunis par le groupe de réflexion Ideas Africa Network, estiment que la dette extérieure du Sénégal n’est plus soutenable. Selon l’économiste Souleymane Bah, « les revenus actuels de l’État ne suffisent pas à couvrir à la fois le principal et les intérêts ». Il ajoute que la stratégie actuelle, qui consiste à emprunter pour rembourser, devient intenable avec la hausse des taux d’intérêt.

« Il faut des solutions alternatives », insiste-t-il, soulignant l’urgence d’agir pour éviter une crise financière plus profonde.

Des pistes innovantes pour une dette plus supportable

Parmi les propositions avancées lors de cette rencontre, plusieurs pistes se dégagent :

  • La réforme du système monétaire : certains experts prônent une refonte du système financier actuel pour gagner en autonomie.
  • La sortie du Franc CFA : l’adoption d’une monnaie nationale pourrait permettre une meilleure maîtrise de la politique économique.
  • L’annulation partielle de la dette : une partie de la dette pourrait être jugée « illégitime » en raison de son mode de contraction opaque et de son non-enregistrement par l’administration précédente.

Ndongo Samba Sylla, économiste et chercheur chez Ideas Africa Network, critique vivement l’approche du FMI : « C’est une logique purement comptable et pro-créanciers. Le FMI prête pour garantir le remboursement des créanciers, pas pour financer la transformation économique du pays. »

Un gouvernement divisé sur la question ?

Alors que les experts réunis à Dakar cherchent des solutions en marge du FMI, le président Bassirou Diomaye Faye se trouvait à Nairobi pour rencontrer la directrice du FMI, Kristalina Georgieva. Aucune avancée concrète n’a été annoncée à l’issue de cet entretien, laissant planer le doute sur la cohérence de la stratégie gouvernementale.

Cette situation soulève des questions sur l’alignement des positions entre le pouvoir exécutif et les initiatives parlementaires ou intellectuelles locales. Alors que le Sénégal affronte une dégradation de sa note par l’agence Standard & Poor’s, la recherche de solutions durables devient plus que jamais une priorité.

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