Échec d’une tentative de putsch au Bénin : ce que l’on sait de la situation à Cotonou
Un vent d’instabilité a soufflé sur le Bénin ce dimanche matin. À Cotonou, la capitale économique, une tentative de renversement du pouvoir a été signalée avant d’être officiellement déclarée maîtrisée par les autorités. Des militaires ont brièvement pris la parole sur les ondes nationales pour annoncer la fin des fonctions du président Patrice Talon, plongeant le pays dans une incertitude de quelques heures.
Déroulement des faits à Cotonou
L’alerte a été donnée lorsque des détonations ont retenti dans plusieurs quartiers de Cotonou. Un groupe de huit soldats, arborant des bérets de différentes unités et munis d’armes de guerre, a investi les locaux de la télévision publique. Se présentant sous l’étiquette du Comité militaire pour la refondation (CMR), ils ont proclamé la destitution du chef de l’État.
Durant cette matinée de tension, les accès aux points névralgiques de la ville, tels que le palais présidentiel, le siège de la télévision nationale et certains quartiers diplomatiques, ont été verrouillés par des barrages militaires. Malgré ce déploiement de force, une grande partie de la population a continué ses activités habituelles, loin de la zone de turbulences.
Les griefs du Comité militaire pour la refondation
Pour justifier leur action, les membres du CMR ont invoqué plusieurs motifs de mécontentement. Ils ont notamment pointé du doigt la dégradation sécuritaire dans la partie septentrionale du Bénin, en proie à des attaques terroristes. Les mutins ont également dénoncé le sort réservé aux soldats engagés au front, des promotions jugées arbitraires au sein de l’institution militaire, ainsi qu’une érosion des libertés fondamentales dans le pays.
La riposte du gouvernement béninois
La réaction officielle ne s’est pas fait attendre. Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, est intervenu pour assurer que la tentative de coup d’État avait été mise en échec. Selon lui, les forces armées restées fidèles à la République ont repris le contrôle de la situation. Le gouvernement a affirmé que le pays était désormais totalement sécurisé. Selon des sources sécuritaires, environ douze militaires, dont les instigateurs de la mutinerie, auraient été arrêtés.
Le contexte politique autour de Patrice Talon
Le président Patrice Talon, dont la sécurité a été garantie par son entourage dès le début des événements, arrive au terme de son second mandat. La Constitution du Bénin lui impose de passer le relais en avril 2026. Si son passage au pouvoir est marqué par une croissance économique notable, il fait face à des critiques récurrentes concernant un virage autoritaire et l’exclusion de certaines figures de l’opposition de la scène politique.
Condamnations de la communauté internationale
L’annonce de ce putsch avorté a provoqué une vague de réactions diplomatiques. La CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) a fermement condamné cette atteinte à l’ordre constitutionnel, apportant son soutien indéfectible au gouvernement en place. De son côté, l’Union africaine, par la voix de Mahamoud Ali Youssouf, a exigé que les militaires impliqués cessent immédiatement leurs actions illégales et regagnent leurs casernes.
Une instabilité récurrente dans la région
L’histoire du Bénin est jalonnée de soubresauts politiques, avec des coups d’État marquants en 1963, 1965 et 1969. Plus récemment, sous la présidence de Patrice Talon, des tentatives de déstabilisation avaient déjà été déjouées en 2020 et en septembre 2024. Cet événement s’inscrit dans un climat régional tendu, marqué par une recrudescence de putschs en Afrique de l’Ouest, notamment au Mali, au Burkina Faso, au Niger et en Guinée.