21 juillet 2026

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Dirigeant militaire burkinabè rejette la démocratie et prône un nouveau système

le Burkina Faso tourne le dos à la démocratie selon son chef de la junte militaire

portrait du capitaine Ibrahim Traoré vêtu d'une tenue militaire beige et d'un béret rouge

le capitaine Ibrahim Traoré, à la tête du Burkina Faso depuis trois ans, a déclaré lors d’une interview télévisée que la démocratie était un système « qui tue » et que les burkinabè devaient « l’oublier ». Cette prise de position radicale survient alors que le pays traverse une période de transition politique complexe.

lors de son intervention, le dirigeant militaire a justifié son rejet de la démocratie en affirmant que ce modèle ne correspondait pas aux aspirations du peuple burkinabè. « les gens doivent oublier la question de la démocratie. la démocratie n’est pas pour nous », a-t-il martelé. il a également évoqué une approche alternative propre au Burkina Faso, sans pour autant en préciser les contours.

cette déclaration intervient après l’annonce, en janvier dernier, de l’interdiction de tous les partis politiques. une mesure présentée comme une étape vers la « reconstruction de l’État », mais qui a suscité de vives critiques tant au niveau national qu’international.

un engagement initial abandonné

en 2022, Ibrahim Traoré s’était engagé à rétablir l’ordre démocratique dans le pays avant juillet 2024. mais deux mois avant cette échéance, la junte a décidé de prolonger son mandat de cinq ans supplémentaires, remettant en cause ses promesses initiales.

le chef de l’État a également comparé le système démocratique à la situation en Libye, un pays voisin plongé dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi. « regardez la Libye, c’est un exemple proche de nous », a-t-il souligné, évoquant les conséquences désastreuses des interventions étrangères dans la région.

une vision panafricaniste et anti-occidentale

le capitaine Traoré se présente comme un leader révolutionnaire luttant contre l’impérialisme occidental. il critique ouvertement les puissances étrangères, accusant les démocraties occidentales d’imposer leurs modèles par la force, au prix de nombreux conflits et de pertes humaines.

« partout où elles [les puissances occidentales] tentent d’instaurer la démocratie dans le monde, cela s’accompagne toujours d’un bain de sang », a-t-il dénoncé. cette rhétorique trouve un écho favorable auprès d’une partie de la population burkinabè, mais aussi dans plusieurs pays africains dirigés par des juntes militaires.

un nouveau système fondé sur la souveraineté et le travail

le dirigeant burkinabè a détaillé sa vision d’un système alternatif, axé sur la souveraineté nationale, le patriotisme et la mobilisation des forces vives. selon lui, les chefs traditionnels et les structures locales joueront un rôle central dans ce nouveau modèle.

il a insisté sur l’importance de l’autonomie économique et militaire, affirmant que des journées de travail de six à huit heures ne suffiraient pas à permettre au Burkina Faso de rattraper son retard sur les nations plus développées. « nous avons notre propre approche. nous n’essayons même pas de copier qui que ce soit », a-t-il déclaré.

Traoré a également critiqué les partis politiques, qu’il qualifie de « sources de division et de corruption ». « un vrai homme politique au Burkina Faso incarne tous les vices : un menteur, un flagorneur, un beau parleur », a-t-il lancé, avant d’ajouter que son gouvernement avait pour mission de « changer radicalement la façon dont les choses sont faites ».

répression et tensions internes

depuis son arrivée au pouvoir, le régime de Traoré a muselé l’opposition, les médias et la société civile. des détracteurs du pouvoir auraient même été envoyés sur les lignes de front de la guerre contre les groupes islamistes, une pratique qui a suscité l’indignation de plusieurs organisations de défense des droits humains.

un rapport de Human Rights Watch publié jeudi révèle que plus de 1 800 civils ont péri au Burkina Faso depuis le coup d’État de 2023. selon l’ONG, les deux tiers de ces décès seraient imputables à l’armée et aux milices progouvernementales, le reste aux groupes armés islamistes.

malgré cette répression, Traoré bénéficie d’un soutien croissant en Afrique, notamment pour sa posture anti-occidentale et son discours panafricaniste. le Burkina Faso, comme le Mali et le Niger, a rompu ses collaborations militaires avec les pays occidentaux, privilégiant désormais un partenariat avec la Russie.

pourtant, la violence persiste dans la région, et les populations civiles continuent de payer un lourd tribut. la quête d’un nouveau modèle politique, prônée par Traoré, reste donc un pari risqué pour l’avenir du pays.

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