Diplomatie onusienne : la France prête à soutenir la RDC sur les ressources naturelles
diplomatie onusienne : la France prête à soutenir la RDC sur les ressources naturelles
Lors de sa présidence du Conseil de sécurité des Nations unies pour ce mois de juillet, la République démocratique du Congo (RDC) a placé la gouvernance des ressources naturelles au cœur de ses priorités diplomatiques. Kinshasa a organisé, hier à New York, une réunion de format « Arria » dédiée aux liens entre exploitation minière et stabilité régionale. Cette initiative s’inscrit dans la préparation d’un débat de haut niveau prévu le 22 juillet, sous la présidence de Félix Tshisekedi, autour du thème : « la gouvernance des ressources naturelles, fondement de la paix et de la prospérité ».
une lacune normative à combler
Le ministère congolais des Affaires étrangères, dirigé par Thérèse Kayikwamba Wagner, a souligné l’absence de cadre international cohérent pour encadrer l’exploitation des ressources naturelles dans les zones de conflit. Selon les autorités de Kinshasa, les mécanismes actuels de traçabilité des minerais, de diligence des entreprises et de lutte contre le financement des conflits manquent de coordination et d’efficacité. La RDC plaide donc pour l’adoption d’un cadre international unifié, intégrant gouvernance des ressources, prévention des conflits et sécurité collective.
Cette approche marque un changement de paradigme : les ressources naturelles ne doivent plus être considérées uniquement sous l’angle économique, mais comme un enjeu stratégique de paix et de stabilité, méritant une attention particulière du Conseil de sécurité de l’ONU.
Paris salue l’initiative congolaise
La France a réagi favorablement à cette initiative, par la voix de son ambassadeur permanent auprès des Nations unies, Jérôme Bonnafont. Lors d’une déclaration à l’institution onusienne, il a réaffirmé le soutien de Paris à la démarche congolaise :
« Les ressources naturelles doivent devenir un levier de développement durable et équitable pour les populations et les États qui les abritent. Elles doivent être protégées contre les prédateurs et leur détournement à des fins malveillantes. La France soutient pleinement l’objectif de la RDC de renforcer la cohérence des initiatives internationales sur ce sujet. Nous sommes prêts à contribuer activement aux travaux du Conseil de sécurité lors du débat de haut niveau organisé la semaine prochaine par le président Félix-Antoine Tshisekedi. »
un contexte sécuritaire toujours fragile
Cette initiative diplomatique survient alors que la situation sécuritaire à l’Est de la RDC reste préoccupante. Malgré la signature d’un accord stratégique avec les États-Unis sur les minerais critiques et un accord de désescalade avec Kigali prévoyant le retrait des forces rwandaises et la neutralisation des groupes armés, les combats persistent. L’AFC/M23, accusé d’être soutenu par le Rwanda, maintient son contrôle sur des villes clés comme Goma et Bukavu, tandis que le processus de dialogue de Doha reste au point mort.
Les affrontements récurrents dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu rappellent le décalage persistant entre les avancées diplomatiques annoncées et la réalité sur le terrain, soulignant l’urgence d’une gouvernance renforcée des ressources naturelles pour briser le lien entre exploitation minière et conflits armés.