8 août 2026

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Danger terroriste : l’ONU sonne l’alarme sur la montée de daech en afrique

Une menace en mutation au Sahel et autour du lac Tchad

L’Organisation des Nations unies tire la sonnette d’alarme : la menace terroriste portée par l’État islamique (Daech) ne faiblit pas en Afrique, bien au contraire. Dans un rapport adressé au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU met en lumière l’expansion inquiétante de Daech dans deux régions stratégiques : le Sahel et le bassin du lac Tchad. Malgré l’affaiblissement de sa direction centrale, le groupe djihadiste a su se réinventer, transformant son modèle pour survivre et prospérer.

Le document, présenté par une responsable du Bureau des Nations unies contre le terrorisme (UNOCT), souligne que ces deux zones africaines sont devenues les principaux foyers d’expansion de Daech, dont l’influence s’étend désormais bien au-delà de ses bastions traditionnels. La Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), considérée comme la filiale la plus active de l’organisation au monde, illustre cette dynamique : elle renforce ses capacités militaires et adapte ses tactiques, notamment en intégrant des drones commerciaux pour ses opérations de surveillance et d’attaques.

Une stratégie de survie par la décentralisation

Les Nations unies révèlent une évolution majeure dans le fonctionnement de Daech. Face aux pressions militaires internationales, le groupe a abandonné son modèle hiérarchisé pour adopter une structure décentralisée. Ses branches régionales, autrefois sous contrôle strict, gagnent en autonomie et exploitent les failles locales : instabilité politique, conflits prolongés, précarité économique. Cette adaptation leur permet de poursuivre leurs activités malgré les pertes subies.

Le rapport précise que, si les opérations antiterroristes ont effectivement réduit la capacité de Daech à planifier des attaques d’envergure à l’échelle mondiale, la menace persiste. Le groupe s’est mué en un réseau de filiales interconnectées par une idéologie commune, bénéficiant d’une grande liberté opérationnelle. Cette flexibilité lui confère une résilience accrue et une capacité à infiltrer des zones déjà fragilisées par des crises multiples.

Des méthodes d’influence modernisées

L’ONU met en garde contre l’utilisation croissante des nouvelles technologies par Daech. Le groupe intègre désormais dans sa stratégie des outils modernes : intelligence artificielle, plateformes numériques, communications chiffrées, actifs virtuels et drones. Ces innovations lui permettent de renforcer ses capacités de propagande, de recrutement, de financement et de planification d’attaques. Une évolution qui complique la tâche des autorités et des forces de sécurité, tout en exigeant une réponse adaptée des États et des partenaires internationaux.

Les experts de l’ONU insistent sur la nécessité d’une coopération internationale renforcée. Ils appellent à un dialogue accru avec les entreprises technologiques et le secteur privé pour encadrer l’usage de ces technologies et en faire des leviers de lutte antiterroriste. Car si ces outils peuvent servir Daech, ils représentent aussi une opportunité pour les forces de l’ordre, à condition d’être utilisés dans le respect du droit international.

Des foyers d’expansion au-delà du Sahel

Bien que le Sahel et le bassin du lac Tchad concentrent l’essentiel des inquiétudes, le rapport souligne que d’autres régions africaines ne sont pas épargnées. En République démocratique du Congo (RDC) et au Mozambique, les groupes affiliés à Daech continuent de mener des offensives malgré les contre-offensives des forces locales et régionales. Leur capacité à recruter de nouveaux combattants et à consolider leurs réseaux reste intacte, alimentant un cycle de violence difficile à briser.

« Daech a profondément modifié sa structure pour survivre aux campagnes militaires menées contre lui. Le groupe continue de représenter une menace grave pour la paix et la sécurité internationales », a déclaré une responsable de l’UNOCT lors de la présentation du rapport. Cette analyse résume l’urgence à laquelle font face les États africains et la communauté internationale : une menace en constante évolution, exigeant des réponses tout aussi dynamiques.

Face à cette situation, le rapport de l’ONU appelle à une mobilisation collective. Renforcer la coopération transfrontalière, améliorer les systèmes de renseignement, et investir dans des solutions durables pour les populations locales sont autant de pistes pour endiguer l’expansion de Daech. Une chose est sûre : la lutte contre le terrorisme en Afrique ne peut plus se contenter de réactions ponctuelles. Elle doit s’inscrire dans une stratégie globale, anticipant les mutations du groupe et ses nouvelles méthodes d’influence.

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