Dakar 2026 : le Sénégal sous les projecteurs des jeux olympiques de la jeunesse
Dakar 2026 : le Sénégal sous les projecteurs des jeux olympiques de la jeunesse
Le sommet africa forward, organisé conjointement par la France et le Kenya, se tiendra ce lundi à Nairobi pour discuter du développement par le sport. Une thématique qui concerne directement le Sénégal, qui accueillera à l’automne prochain les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) à Dakar. Il s’agira du premier événement olympique organisé sur le continent africain.
Avec moins de six mois avant l’événement, la pression est à son comble. Babacar Senghor, coordonnateur du projet des JOJ, se trouve au cœur de cette organisation titanesque. La capitale sénégalaise s’active pour finaliser les préparatifs avant l’arrivée des 2 700 jeunes athlètes internationaux, âgés de 17 ans maximum.
un événement historique pour le Sénégal et l’Afrique
Les JOJ de Dakar 2026 marqueront l’histoire en étant le premier événement olympique organisé sur le sol africain. 25 sports de compétition seront représentés, dont des disciplines innovantes comme le breaking ou le skateboard. En tout, 153 épreuves sont prévues, réparties entre 73 épreuves masculines, 73 féminines et 7 mixtes.
Le ministre d’État sénégalais Ahmadou al-Aminou Lo, chargé du suivi du pilotage et de l’évaluation de l’agenda national de transformation Sénégal 2050, supervise un comité de veille des JOJ. Ce comité se réunit deux fois par mois pour coordonner les efforts de tous les acteurs étatiques et institutionnels impliqués dans l’organisation de l’événement.
« Il en va de l’image du Sénégal et de l’Afrique »
Ahmadou al-Aminou Lo, ministre d’État sénégalais
« Notre rôle est d’aider à lever tous les risques liés à la livraison des JOJ. L’idée est de faire en sorte que les structures étatiques sénégalaises soient agiles et puissent être au rendez-vous à temps. Je suis l’assurance qualité de ces préparatifs. Avec ces JOJ, il en va de l’image du Sénégal et de l’Afrique : c’est une double pression et une responsabilité. Nous avons l’obligation de démontrer que nous sommes capables d’organiser des événements sportifs d’envergure mondiale. »
des infrastructures à la hauteur des ambitions
Parmi les sites clés, le complexe Tour de l’œuf à Dakar joue un rôle central. Il abrite la nouvelle piscine olympique, dont les travaux sont en cours. Plus de 450 ouvriers sont mobilisés pour finaliser les bassins, les tribunes et les équipements. Un premier remplissage-test des trois bassins est prévu pour le 15 mai, avant la remise des clés au comité d’organisation des JOJ le 15 août, soit deux mois et demi avant le début des compétitions.
Les sports suivants seront accueillis dans ce complexe : basket 3×3, baseball, breaking et skateboard. À terme, après les JOJ, il abritera également des terrains de football, basketball, handball et tennis.
La technologie utilisée pour les bassins inclut des systèmes d’économie d’eau et d’énergie, une innovation majeure pour un site olympique en Afrique.
un partenariat franco-sénégalais pour une organisation réussie
Le partenariat entre la France et le Sénégal est au cœur de la préparation des JOJ. Une convention signée en 2019, appelée Alliance Dioko, lie les deux comités d’organisation pour un partage d’informations et de bonnes pratiques. Dans ce cadre, une trentaine d’experts de Paris 2024 ont été intégrés à l’équipe de Dakar 2026.
« Dans le cadre du partenariat avec le Sénégal, une trentaine d’experts de Paris 2024 ont été intégrés dans l’équipe de Dakar 2026 »
Christine Fages, ambassadrice de France au Sénégal
Christine Fages explique : « En organisant les Jeux Olympiques à Paris, nous avons pu constater la force fédératrice d’un tel événement. Dans le cadre du partenariat avec le Sénégal, une trentaine d’experts de Paris 2024 a été intégrée dans l’équipe de Dakar 2026. 419 jeunes ont également été formés dans la Learning Academy pour apprendre l’organisation d’événements sportifs et acquérir un savoir-faire sur l’ensemble des équipements. Un prêt souverain de l’AFD de 80 millions d’euros a permis la rénovation du Stade Iba-Mar-Diop et du complexe Tour de l’œuf, ainsi que l’élaboration de douze infrastructures sportives de proximité. »
L’ambassade de France soutient également financièrement l’Académie de judo du lycée Lamine Gueye à Dakar, avec une aide de 233 000 euros sur deux ans. Cette contribution a permis la rénovation de l’internat et du dojo, ainsi que l’accompagnement sportif et médical de jeunes judokas en vue des JOJ.
un héritage au-delà des Jeux
Pour le Sénégal, les JOJ représentent une opportunité de marquer un tournant dans le développement du sport et de son économie. Le ministre Ahmadou al-Aminou Lo souligne : « Nous voulons que les JOJ soient un élément déclencheur en matière d’héritage pour notre jeunesse. Avec le développement de la formation, des centres d’excellence sport-études et la promotion de la haute compétition, l’économie du sport reste un élément central de notre agenda Sénégal 2050. »
Il ajoute : « La contribution du sport dans le PIB du Sénégal n’est que de 15 millions d’euros. Nous voulons la doubler à travers l’industrie MICE, celle du tourisme d’affaires, comprenant les séminaires, les congrès et les événements. »
Les autorités sénégalaises sont conscientes que la gestion et l’entretien des infrastructures après les JOJ seront un autre défi à relever. L’objectif est de transformer ces installations en outils durables au service de la population et du développement du sport local.
points clés à retenir
- Premier événement olympique en Afrique : les JOJ de Dakar 2026 seront une première historique.
- 25 sports et 153 épreuves : une programmation variée incluant des disciplines innovantes.
- Un comité de veille dédié : piloté par le ministre Ahmadou al-Aminou Lo, il coordonne les efforts pour garantir le succès de l’événement.
- Partenariat France-Sénégal : une collaboration renforcée pour partager les bonnes pratiques et former les acteurs locaux.
- Infrastructures durables : le complexe Tour de l’œuf et d’autres sites seront conçus pour un héritage à long terme.
- Développement économique : les JOJ visent à dynamiser l’économie du sport au Sénégal, notamment via l’industrie MICE.