4 juin 2026

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Crise politique au Sénégal : l’opposition défie la constitution en saisissant le conseil constitutionnel

Crise politique au Sénégal : l’opposition dénonce une violation constitutionnelle et porte l’affaire devant le Conseil constitutionnel

Dakar — Les députés de l’opposition sénégalaise ont franchi une nouvelle étape dans la crise politique en saisissant le Conseil constitutionnel pour contester la réintégration d’Ousmane Sonko au sein de l’Assemblée nationale. Une décision qu’ils qualifient de « forfaiture » et de « violation flagrante » des règles fondamentales de l’État de droit.

Une réintégration jugée anticonstitutionnelle par l’opposition

Dans un communiqué officiel, les parlementaires d’opposition affirment que la décision du Bureau de l’Assemblée nationale, datée du 24 mai 2026, portant réintégration d’Ousmane Sonko en tant que député, est « contraire à la Constitution ». Ils soulignent que ce dernier, nommé Premier ministre puis élu député en 2024, se trouvait dans une situation d’incompatibilité selon l’article 54 de la Constitution sénégalaise.

En conservant ses fonctions gouvernementales après son élection, Ousmane Sonko avait, selon eux, renoncé à son mandat parlementaire. Sa réintégration, suivie de son élection à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai 2026, est présentée comme une « violation manifeste » du principe de séparation des pouvoirs et des règles constitutionnelles.

Des obstacles à l’accès aux documents officiels

Les députés d’opposition révèlent avoir rencontré des difficultés pour obtenir les pièces nécessaires à leur recours. Malgré des sommations d’huissier, le Secrétaire général et le Premier Vice-Président de l’Assemblée nationale auraient refusé de leur communiquer l’acte de réintégration et le procès-verbal de la séance plénière du 26 mai 2026. Une attitude qualifiée de « grave entrave aux droits des députés » et à la transparence démocratique.

Un appel solennel au Conseil constitutionnel

Les signataires du communiqué, dont Daouda Dia, Aïssata Ousmane Diallo, Amadou Diallo, Raqui Diallo, Mamadou Diaw, Salimata Diop Dieng, et d’autres, appellent le Conseil constitutionnel à jouer pleinement son rôle de garant des institutions. Ils exigent que soit « mis fin à cette forfaiture » qui, selon eux, « sape le fonctionnement régulier de l’institution parlementaire ».

« Aucune majorité, aussi large soit-elle, n’est au-dessus de la loi fondamentale de la République », rappellent-ils avec fermeté. Les députés réaffirment leur engagement à défendre, par les voies légales et pacifiques, la Constitution et la démocratie sénégalaise.

Liste des députés signataires

  • Daouda Dia
  • Aïssata Ousmane Diallo
  • Amadou Diallo
  • Raqui Diallo
  • Mamadou Diaw
  • Salimata Diop Dieng
  • Mbaye Dione
  • Thérèse Faye
  • Barane Fofana
  • Cheikh Omar Hann
  • Birima Mangara
  • Abdou Mbow
  • Fabineta Ndiaye
  • Anta Babacar Ngom
  • Thierno Alassane Sall
  • Maguette Sène
  • Abdoulaye Sylla
  • Tafsir Thioye
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