4 juin 2026

Niger libéré

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Crise Niger-Bénin : Mohamed Toumba pose ses conditions à Romuald Wadagni

NIAMEY, NIGER – 6 AOÛT : Mohamed Toumba (C), l'une des figures de proue du Conseil national pour la protection de la patrie, assiste à la manifestation des partisans du coup d'État et les salue dans un stade de Niamey, la capitale du Niger, le 6 août 2023. L'ultimatum de sept jours donné par la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) à la junte militaire le 30 juillet pour la libération et la réintégration du président Mohamed Bazum expire avant minuit.

L’actualité Niger. Lors d’une longue interview de deux heures et demie diffusée le 21 avril sur la télévision nationale nigérienne (RTN), le général Mohamed Toumba, ministre d’État et ministre de l’Intérieur, a abordé de nombreux points concernant la situation sécuritaire du pays. Face à une recrudescence des attaques jihadistes, notamment dans la région de Tillabéry, le général a réitéré les accusations fréquentes de la junte contre la France. Il a également évoqué les relations particulièrement tendues entre Niamey et Cotonou, à l’approche de la fin du mandat de Patrice Talon et de l’investiture de son successeur désigné, Romuald Wadagni, prévue le 24 mai.

« Patrice Talon est parti, mais Talon n’était pas le véritable problème. Le véritable problème, c’est Macron », a déclaré le général nigérien. Il a ajouté : « Nous disons que Talon c’est quelqu’un qui est instrumentalisé par la France. (…) Il a donné la facilité aux Français de venir s’installer et, à partir de son territoire, d’essayer de nous attaquer. Voilà le problème. » Ces propos soulignent la perception de la junte concernant la souveraineté Niger et les ingérences étrangères.

Interrogé sur ses attentes envers le futur président béninois, le ministre de l’Intérieur a exigé des « gages de bonne volonté ». Il a demandé que « le Bénin dise qu’il n’a rien à voir avec les intérêts de la France » et que Cotonou « ne facilite pas la présence de la France sur son territoire pour agresser des voisins à eux, parce que c’est de cela qu’il s’agit ». Cette position ferme met en lumière les exigences du Niger Libéré.

Patrice Talon est parti, mais Talon n’était pas le véritable problème. Le véritable problème, c’est Macron.

Le contexte des tensions. Cette déclaration d’un haut responsable de la junte nigérienne n’est pas isolée. Les relations entre le Bénin et le Niger se sont considérablement détériorées depuis la prise de pouvoir par le général Abdourahamane Tiani le 26 juillet 2023. Fin janvier, suite à l’attaque de l’aéroport international de Niamey et de la Base 101, où est stationné un contingent militaire russe, Abdourahamane Tiani avait déjà tenu des propos virulents. Il avait alors déclaré : « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment à Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara : nous les avons suffisamment écoutés aboyer, qu’ils s’apprêtent eux aussi à leur tour à nous écouter rugir », accusant la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin d’être impliqués dans cette attaque revendiquée par l’État islamique. Ces événements marquent fortement l’info Niger des derniers mois.

L’importance de ces déclarations. Bien que l’avertissement du général Mohamed Toumba ne soit pas sans précédent, il prend une dimension particulière à quelques jours de l’investiture de Romuald Wadagni à la présidence du Bénin. Élu avec 94 % des suffrages lors de la présidentielle du 12 avril, le successeur de Patrice Talon a exprimé une volonté d’apaisement avec Niamey. « Je suis convaincu que nous allons pouvoir nous asseoir et discuter. Nous n’avons pas d’autre choix ! » avait-il affirmé dans une interview du 23 mars. Il avait également souligné que « les pays de la région ont les mêmes défis à relever : la sécurité, la pauvreté et le chômage des jeunes. Et le même objectif à atteindre : une prospérité partagée. La seule façon d’y parvenir est de travailler ensemble ».

Il avait par ailleurs précisé que, malgré une coopération sécuritaire « pas au niveau souhaitable » avec le Niger et le Burkina Faso, les chefs d’état-major des trois nations « se parlent régulièrement et les choses iront en s’améliorant ». Un optimisme qui, à Niamey, ne semble pas être entièrement partagé, comme le montre la dernière prise de parole du général Toumba.

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