20 juin 2026

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Burkina Faso : les motos Mio sur les pistes cyclables, une mesure controversée pour désengorger les villes

La nouvelle directive pour les deux-roues au Burkina Faso

Une récente décision des autorités burkinabè autorisant les scooters de type Mio à emprunter les pistes initialement dédiées aux vélos divise les usagers. Tandis que certains y voient une avancée pour la mobilité urbaine, d’autres expriment de vives inquiétudes quant à la sécurité et à l’adéquation des infrastructures existantes.

Les motos ou scooters Mio sont des véhicules à deux roues compacts et légers, particulièrement prisés pour les déplacements en milieu urbain grâce à leur maniabilité et à leurs coûts d’entretien réduits.

Des avis partagés sur la sécurité et la fluidité

L’objectif principal des autorités, à travers cette réforme de la circulation au Burkina Faso, est de désengorger les axes routiers principaux, confrontés à une congestion croissante. En redirigeant une partie des deux-roues vers les voies cyclables, il s’agit de fluidifier le trafic et d’améliorer la cohabitation entre les différents types d’usagers.

Ben Ouattara, un livreur, accueille favorablement cette initiative : « Je pense que c’est une bonne mesure, la circulation étant déjà réglementée. Si l’on décide que les motos Mio rejoignent les plus petits cylindrées sur les voies secondaires, cela me semble logique. »

Cependant, cette perspective n’est pas unanime. Sirina Ouédraogo, une habituée des routes, exprime ses réserves : « Ils ont certainement voulu protéger la population en imposant cela. Mais il aurait été préférable de ne rien changer. Les pistes cyclables sont étroites et vouloir y regrouper toutes les motos risque de bloquer la circulation. Néanmoins, nous allons observer les résultats. »

Au-delà des pistes : la question globale de la mobilité urbaine

Nombreux sont les citoyens burkinabè qui estiment que cette seule mesure ne suffira pas à résoudre durablement les problèmes d’embouteillage. Avec l’augmentation constante du parc de motos, la question de la mobilité urbaine au Burkina Faso exige des solutions plus complètes et structurantes.

Certains usagers y voient néanmoins un avantage en termes de sécurité. Abdoulaye Mané, par exemple, souligne : « Je crois que sur la piste cyclable, on est plus vigilant, car l’espace est plus contraint. Cela incite à plus de retenue, ce qui peut potentiellement réduire les accidents. »

À l’inverse, Sergène Yabré, également usagère de la voie publique, s’inquiète des comportements : « Les gens ne maîtrisent pas toujours les règles de circulation. Certains ne savent pas bien se positionner sur les grandes voies. On voit souvent des femmes qui sont à gauche et veulent tourner à droite. Ce que je dirais aux gens, c’est d’éviter la vitesse. Ils empruntent la petite piste cyclable juste pour rouler vite. »

Face à ces préoccupations, plusieurs usagers appellent à l’élargissement des pistes cyclables. Ces infrastructures, initialement conçues pour les vélos, nécessiteraient une adaptation significative pour accueillir en toute sécurité un volume accru de deux-roues motorisés. Une telle modernisation pourrait non seulement mieux organiser le trafic, mais aussi constituer une approche sérieuse dans la lutte contre les embouteillages persistants en milieu urbain au Burkina Faso.

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