12 mai 2026

Blocus des routes vers Bamako : les voyageurs malien pris au piège

blocus des routes vers Bamako : les voyageurs malien pris au piège

Au Mali, les déplacements vers la capitale Bamako deviennent un véritable parcours du combattant pour les voyageurs. Depuis quelques semaines, les principaux axes routiers menant à la ville sont paralysés par un blocus imposé par des groupes djihadistes. Cette situation, décidée après les attaques du 25 avril, perturbe gravement le transport de marchandises et de personnes.

Blocus des routes vers Bamako : des véhicules incendiés par des djihadistes

des routes bloquées et des véhicules incendiés

Les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) ont intensifié leurs actions sur les routes menant à Bamako. La semaine dernière, des dizaines de camions et de bus en direction de la capitale ont été détruits par le feu, rendant impossible tout passage sécurisé. Plusieurs compagnies de transport ont été contraintes d’interrompre leurs activités, tandis que d’autres tentent de maintenir leurs services malgré les risques.

des trajets plus longs et des annulations en série

Pour illustrer l’ampleur du problème, prenons l’exemple d’un migrant malien, Mody, qui a tenté de rejoindre Bamako depuis la Mauritanie. Son voyage, qui aurait dû durer quatre jours, s’est transformé en une odyssée de plusieurs jours. « Nous avons quitté Nouakchott jeudi matin et sommes arrivés à Gogui, à la frontière, seulement à 23 heures, raconte-t-il. Les transporteurs nous ont avertis que la route était dangereuse. Nous avons passé trois nuits sur place avant de pouvoir enfin avancer, sans escorte militaire. »

Le responsable d’une compagnie de transport confirme cette situation : « Une dizaine de nos bus sont bloqués à l’étranger, et deux ont été incendiés ce week-end sur les routes nationales. »

des passagers bloqués depuis une semaine

Dans une autre compagnie reliant Bamako à Ségou, dans le centre du pays, des voyageurs attendent depuis près d’une semaine pour obtenir un billet. Seyba, un sexagénaire originaire de Ségou, témoigne : « Je devais rentrer chez moi pour présenter mes condoléances, mais aucun bus n’est disponible. Toutes les compagnies sont dans la même situation. Si je ne trouve pas de solution, je resterai à Bamako. »

Le gérant de la compagnie, qui a préféré rester anonyme, révèle avoir perdu cinq de ses véhicules samedi dernier, incendiés par les éléments du Jnim. Face à cette menace constante, la compagnie a décidé de suspendre temporairement ses liaisons vers et depuis Bamako.

un impact majeur sur l’économie et les déplacements

Le blocus des routes vers Bamako ne se contente pas d’affecter les voyageurs. Il menace également l’approvisionnement des marchés et le transport des denrées essentielles. Les compagnies de transport, déjà fragilisées, peinent à se remettre de ces pertes. Les autorités maliennes, de leur côté, tentent de trouver des solutions pour sécuriser les axes routiers, mais la situation reste critique.

En attendant, les Malien continuent de subir les conséquences de cette crise, avec des trajets allongés, des annulations de voyages et une incertitude totale sur l’avenir des déplacements dans le pays.

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