11 mai 2026

Blocus routier au Mali : conséquences sur les voyageurs

blocus des axes routiers : une crise qui paralyse les déplacements au Mali

Depuis plusieurs jours, le Mali fait face à une situation critique sur ses routes. Les attaques perpétrées fin avril par des groupes djihadistes ont entraîné la fermeture de plusieurs axes stratégiques menant à Bamako. Les conséquences se font immédiatement ressentir : des dizaines de camions et de véhicules de transport ont été incendiés, bloquant ainsi le passage des voyageurs et des marchandises.

Les compagnies de transport, confrontées à cette menace, adoptent des mesures drastiques. Certaines continuent d’assurer certaines liaisons, mais d’autres ont dû suspendre leurs activités par précaution. Cette situation met en lumière la vulnérabilité des infrastructures routières et la difficulté à maintenir une circulation fluide dans un contexte sécuritaire dégradé.

des trajets rallongés et des annulations massives

À Bamako, les voyageurs en provenance de pays voisins comme la Mauritanie subissent de plein fouet les retards. Mody, un Malien en route pour célébrer l’Aïd el Kebir, raconte son périple mouvementé. Parti de Nouakchott en début de semaine, il a dû patienter plusieurs jours à la frontière avant d’être finalement autorisé à poursuivre son voyage, mais sans escorte militaire.

« Nous avons quitté Nouakchott jeudi matin pour atteindre la frontière vers 23 heures. Les transporteurs nous ont avertis des risques encourus. Nous avons passé trois nuits sur place avant de pouvoir avancer, mais sans garantie de sécurité. »
Les djihadistes du Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) ont imposé un blocus strict, forçant de nombreux bus à rebrousser chemin. Une compagnie de transport confirme que dix de ses véhicules sont actuellement bloqués à l’étranger, et deux ont été réduits en cendres ce week-end.

des familles en attente et des projets reportés

Dans les gares de Bamako, des passagers attendent depuis près d’une semaine un créneau pour voyager vers des villes comme Ségou ou Mopti. Seyba, un sexagénaire originaire du Ségou, illustre cette situation. Venant présenter ses condoléances à la famille, il se retrouve bloqué. « On nous dit que la route est trop dangereuse. J’ai tenté ma chance dans quatre autres compagnies, mais sans succès. Si je ne trouve pas de solution, je devrai prolonger mon séjour à Bamako. »

Un responsable d’une entreprise de transport, sous couvert d’anonymat, révèle avoir perdu cinq véhicules samedi dernier. Les attaques ciblées du Jnim ont poussé plusieurs compagnies à suspendre leurs liaisons vers et depuis Bamako, aggravant la crise.

Les voyageurs et les transporteurs du Mali doivent désormais composer avec cette réalité : des trajets imprévisibles, des délais imprévisibles et une insécurité persistante qui menace leurs déplacements.

Vue aérienne de Bamako, Mali
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