Wadagni à Lomé pour raviver l’alliance Bénin-Togo
Un déplacement diplomatique pour relancer la coopération régionale
Lomé a accueilli aujourd’hui le président du Bénin, Romuald Wadagni, pour une visite officielle visant à renforcer les liens entre les deux pays. Après des escales au Nigeria, au Niger et au Burkina Faso, il a atterri en début d’après-midi à l’aéroport international Gnassingbé Eyadéma, où il a été chaleureusement reçu par le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé. Cette étape s’inscrit dans une tournée régionale stratégique, axée sur le dialogue et la consolidation des alliances.
« Je salue la présence de mon frère, le président Romuald Wadagni, pour cette visite de travail à Lomé », a déclaré Faure Gnassingbé lors de la cérémonie d’accueil. Les deux chefs d’État ont réitéré leur engagement à travailler ensemble pour le bien-être de leurs populations et la stabilité de la sous-région.

Un geste fort pour apaiser les tensions
Les relations entre le Bénin et le Togo connaissent depuis quelques années des tensions, notamment autour de dossiers sensibles comme l’affaire Reckya Madougou. Cette visite de Romuald Wadagni, marquée par un entretien en privé avec Faure Gnassingbé, envoie un signal fort de réconciliation. Les deux dirigeants ont mis l’accent sur l’intégration économique, la sécurité régionale et le développement partagé.
Les discussions ont également porté sur les opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Le président béninois, qui a multiplié les contacts avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), cherche à rétablir une dynamique de confiance avec son voisin immédiat. Cotonou et Lomé, deux hubs logistiques majeurs en Afrique de l’Ouest, ont tout intérêt à renforcer leurs corridors économiques pour fluidifier les échanges.
« Nos échanges ont pour but de renforcer l’amitié et la coopération entre nos deux nations », a souligné Faure Gnassingbé. Cette volonté de « fraternité et de solidarité » vise à effacer les différends passés et à bâtir un espace de prospérité commune.
Sécurité et économie au cœur des discussions
Au-delà du symbolisme, cette visite doit permettre de concrétiser plusieurs accords. La sécurité transfrontalière, notamment face aux défis du golfe de Guinée, figure parmi les priorités. La coopération policière et douanière sera renforcée, bien que les détails des négociations restent confidentiels.
Romuald Wadagni poursuivra son périple à Abidjan et Accra dans les prochains jours, confirmant ainsi sa volonté de réancrage diplomatique au sein de la CEDEAO. Pour le Togo, cette visite représente une étape clé dans la normalisation de ses relations avec Cotonou, un objectif prioritaire pour les autorités locales. L’enjeu désormais ? Transformer cette volonté politique en actions concrètes et durables, capables de répondre aux aspirations des populations des deux pays.