Transfert avorté de Khalaili : pourquoi la serie A impose des examens cardiaques si stricts
Un échec médical qui bloque un transfert
L’Union Saint-Gilloise a connu un contretemps inattendu dans sa tentative de recrutement du milieu de terrain israélien Anan Khalaili. Après des examens initiaux passés ce week-end, le joueur a dû se soumettre à des tests supplémentaires hier à l’hôpital Humanitas de Rozzano, près de Milan. Sans succès. Les résultats, gardés confidentiels, n’ont pas permis de valider son profil. Une particularité du football italien explique cette issue : la Serie A impose des protocoles médicaux bien plus exigeants que ses homologues européens, surtout sur le plan cardiovasculaire.
Des examens médicaux à la recherche de la moindre faille
Dans le sport professionnel, chaque transfert ou prolongation de contrat s’accompagne d’une batterie de tests obligatoires. Ces examens, réalisés dans des centres agréés, visent à garantir la santé du joueur avant toute signature. Pourtant, en Italie, la rigueur est poussée à l’extrême, notamment pour les joueurs évoluant en Serie A. Lorsqu’un doute subsiste après les premières analyses, un cardiologue indépendant est sollicité pour approfondir les investigations.
La décision finale ne revient ni au club, ni même au joueur, mais à un organisme indépendant. Une règle qui tranche avec d’autres championnats où les compromis peuvent parfois être trouvés. En cas de résultat négatif, l’athlète est immédiatement déclaré inapte à la compétition, sans appel possible.
Une réglementation née de drames et de principes éthiques
Cette approche stricte n’est pas le fruit du hasard. Elle remonte à 1982, lorsque le ministère italien de la Santé a instauré des centres spécialisés dans la médecine sportive. Dix ans plus tard, un décret a renforcé ces mesures en exigeant des examens supplémentaires, notamment des échocardiographies et des tests d’effort, pour détecter tout risque cardiaque latent.
Le Dr Paolo Zeppilli, ancien professeur en médecine sportive et cardiologue pour la fédération italienne, défend cette position : « Le côté strict de notre protocole peut être débattu, mais pour nous, c’est un choix éthique. Si un athlète risque sa vie sur le terrain, je ne le laisserai pas jouer. Les autres pays devraient adopter une approche similaire. »
Des cas emblématiques qui illustrent la rigueur italienne
Plusieurs joueurs ont illustré les conséquences de ces règles. L’Italien Edoardo Bove, victime d’un arrêt cardiaque en match de Serie A, et le Danois Cristian Eriksen, qui a subi le même sort lors de l’Euro 2021, n’ont jamais pu reprendre leur carrière en Italie après l’implantation d’un défibrillateur. Tous deux ont cependant rebondi en Angleterre, où les critères sont moins stricts. À noter qu’Eriksen a connu une nouvelle alerte cardiaque en juin dernier avec sa sélection nationale.
Ces exemples soulignent l’importance d’une surveillance médicale rigoureuse, même si elle peut parfois priver un club d’un talent prometteur.