4 juin 2026

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Tabagisme passif à N’Djamena : quand la loi reste lettre morte

Il y a plus de quinze ans, une loi anti-tabac a été adoptée au Tchad. Pourtant, à N’Djamena, fumer en public reste monnaie courante, et les sanctions, quasi inexistantes.

Un quotidien marqué par la fumée

En parcourant les rues de N’Djamena, le contraste entre la législation et la réalité saute aux yeux. Dans les lieux publics comme le marché central ou Dembé, la fumée de cigarette se mêle aux odeurs de nourriture et à la poussière ambiante. Les commerçants comme les clients allument leurs cigarettes sans se soucier des règles en vigueur.

« Ici, nous respirons la fumée de cigarette tous les jours. On nous a bien parlé de cette loi, mais personne ne la respecte. C’est inacceptable. »

— Pélagie, vendeuse de poissons

« Ailleurs, des espaces dédiés aux fumeurs existent, mais au Tchad, tout le monde est mélangé. Même dans les écoles et les hôpitaux, des gens fument. L’État doit agir. »

— Christian, citoyen de N’Djamena

Des conséquences sanitaires et environnementales graves

Le tabagisme passif n’affecte pas uniquement les fumeurs actifs. Les non-fumeurs, en particulier les enfants et les femmes enceintes, subissent les effets néfastes de cette exposition. Asthmes, allergies, cancers et maladies cardiovasculaires deviennent des risques quotidiens. Certains, comme les propriétaires de restaurants, y renoncent même pour préserver leur santé.

Sur le plan environnemental, les mégots jetés négligemment polluent les rues et peuvent déclencher des incendies. Une négligence qui aggrave encore la situation.

Une loi ambitieuse, mais peu appliquée

La loi n° 010/PR/2010, promulguée le 10 juin 2010, interdit strictement de fumer dans les lieux publics, les transports et les lieux de travail fermés. Elle protège également les mineurs et les femmes enceintes, avec des sanctions prévues en cas d’infraction. Des décrets, comme le décret n° 1522/PR/MSP/2019, ont précisé les modalités d’application, tandis que des campagnes de sensibilisation ont été organisées par les autorités sanitaires et municipales. Une brigade antitabac a même été créée pour veiller au respect de la loi.

Pourtant, malgré ces efforts, l’application reste très limitée. Plus de dix ans après son adoption, la loi peine à s’imposer dans les habitudes des Tchadiens.

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