28 avril 2026

Stratégie du Togo face aux défis sécuritaires au Sahel

Le Togo renforce son rôle au Sahel : entre diplomatie et sécurité régionale

Place de la Confédération des États du Sahel au Mali

Le Togo a annoncé vouloir endosser un rôle de médiateur entre les pays du Sahel gouvernés par des juntes militaires – notamment le Mali, le Niger et le Burkina Faso – et la communauté internationale. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de sa nouvelle stratégie de sécurité régionale, dévoilée lors d’une déclaration officielle le 18 avril.

Selon Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo, cette seconde phase de la stratégie togolaise pour le Sahel est devenue indispensable. En effet, la zone est désormais un foyer d’activités terroristes, menaçant directement la stabilité de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

Une approche structurée en trois axes stratégiques

Le gouvernement togolais a défini trois piliers majeurs pour sa politique régionale :

  • Renforcer la coopération sécuritaire afin de préserver la paix et la stabilité dans la sous-région ;
  • Promouvoir des conditions propices au dialogue pour faciliter la résolution des conflits ;
  • Soutenir les transitions politiques dans les États dirigés par des militaires, après la suspension des gouvernements civils.

Pour le Togo, cette démarche s’appuie sur une volonté de concilier ses intérêts nationaux avec ceux de ses partenaires régionaux et internationaux.

Soldats de l'armée togolaise

Bilan mitigé : le Togo face aux défis terroristes

Jean Emmanuel Gnagnon, enseignant-chercheur à l’Université de Lomé et spécialiste en gouvernance et gestion des crises, souligne que le Togo a su limiter l’avancée des groupes armés vers son territoire et éviter une implantation durable des cellules terroristes. Il précise :

« Le Togo a réussi à contenir la progression des groupes armés vers le Sud et à éviter une implantation durable des cellules terroristes sur son sol. Comparé à d’autres pays voisins, l’impact de la contagion terroriste reste limité grâce aux efforts du pays. »

Cependant, il reconnaît que les phases précédentes n’ont pas résolu la crise, bien qu’elles aient permis au Togo de gagner du temps et de consolider ses capacités de réponse.

Un engagement diplomatique controversé

Cette stratégie suscite des avis partagés. Certains experts, comme le politologue Madji Diabakaté, expriment des réserves quant à l’efficacité du rôle du Togo dans la réconciliation régionale. Il déclare :

« La diplomatie togolaise, lorsqu’elle intervient dans la crise du Sahel, rappelle le conte de la grenouille qui tente de rivaliser avec le bœuf. Après les coups d’État, deux enjeux majeurs se posaient : la sécurité et le retour à la démocratie. Or, aucun de ces aspects n’a connu d’évolution significative. Pire encore, le soutien du Togo aux États en crise a plutôt affaibli la CEDEAO. »

Une partie de la population togolaise partage ces critiques, estimant que le gouvernement devrait d’abord stabiliser la situation politique interne avant de s’impliquer dans les affaires régionales.

Malgré ces controverses, Robert Dussey réaffirme que le Togo entretient des relations équilibrées avec ses partenaires, en mettant l’accent sur des intérêts communs.

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