Sénégal : Ousmane Sonko dévoile sa stratégie pour des marchés modernisés
Le Premier ministre Ousmane Sonko a mis en lumière l’état de délabrement avancé et les périls sécuritaires significatifs qui pèsent sur les marchés nationaux, plaidant pour l’établissement d’une entité administrative autonome dédiée à leur gestion.
Ousmane Sonko a constaté que le parc d’équipements commerciaux au Sénégal est confronté à une dégradation prononcée et à des risques majeurs pour la sécurité des usagers et des commerçants.
Une illustration alarmante de cette situation est le fait qu’entre 2013 et 2024, pas moins de 53 marchés ont été la proie d’incendies, parfois à plusieurs reprises, entraînant des pertes considérables.
Son diagnostic approfondi a mis en évidence des lacunes importantes sur les plans technique, infrastructurel, organisationnel, environnemental et sanitaire au sein de ces espaces marchands essentiels à l’économie locale.
Bien que le Programme de Modernisation et de Gestion des Marchés (PROMOGEM) ait enregistré des avancées notables dans ce domaine, le Premier ministre a rappelé l’élaboration d’un plan stratégique de développement couvrant la période 2025-2029.
Ce programme ambitieux prévoit la restructuration de 528 marchés actuels et la construction de 67 nouvelles infrastructures modernes, afin de répondre aux besoins croissants et d’améliorer les conditions de commerce.
Ousmane Sonko a préconisé des solutions concrètes pour doter le PROMOGEM d’une plus grande agilité fonctionnelle, d’une efficacité budgétaire accrue et d’une capacité renforcée à attirer des financements novateurs.
Il a spécifiquement suggéré une transformation institutionnelle du PROMOGEM, le convertissant en une entité jouissant d’une autonomie administrative et financière. Cette nouvelle structure bénéficierait d’une enveloppe de 57,5 milliards de francs CFA sur quatre ans, allouée au titre du plan d’investissement public de l’État.
À cette fin, il a instruit les ministres en charge de l’Industrie et du Commerce, ainsi que celui des Finances et du Budget, de concevoir et de mettre en œuvre un réseau de marchés modernes à l’échelle nationale.
Ousmane Sonko a également insisté sur l’importance d’une gestion rigoureuse de ces infrastructures commerciales, impliquant activement à la fois les collectivités territoriales et le secteur privé national pour assurer leur durabilité et leur bon fonctionnement.