28 juin 2026

Niger libéré

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Rupture diplomatique du Burkina Faso : l’AES s’unit contre Paris

Le Burkina Faso a officialisé, le 26 juin 2026, la fin immédiate de ses relations diplomatiques avec la France. Une mesure présentée comme un acte de souveraineté nationale par Ouagadougou, qui achève la dégradation des liens entre les deux capitales et aligne définitivement le pays sur la position défendue par le Mali et le Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Classement 2026 de la liberté de la presse dans l'AES

Une décision mûrie par des années de tensions

L’annonce, diffusée par le ministre porte-parole du gouvernement burkinabè, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, prend effet dès le jour de sa déclaration. Les autorités de Ouagadougou justifient cette rupture par des accusations répétées d’ingérences françaises, qualifiées de néocoloniales, et par le soutien présumé de Paris à des réseaux jugés hostiles. Une position fermement rejetée par la France, qui évoque une décision « sans fondement et hostile ».

Cette rupture s’inscrit dans un contexte de dégradation progressive des relations depuis septembre 2022, date du coup d’État ayant porté au pouvoir le capitaine Ibrahim Traoré. Dès janvier 2023, Ouagadougou avait exigé le départ des forces spéciales françaises engagées dans l’opération Sabre. Par la suite, plusieurs médias français (RFI, France 24, TV5 Monde) ont été suspendus ou interdits, tandis que des diplomates français ont été expulsés. Autant de mesures qui illustrent la volonté des autorités burkinabè de réduire l’influence française dans le pays.

L’AES face à Paris : une union souveraine

Avec cette décision, le Burkina Faso rejoint le Mali et le Niger, déjà engagés dans une rupture similaire avec la France. Les trois membres de l’AES affichent désormais une ligne commune, marquée par un rejet des anciennes puissances coloniales et une recherche d’autonomie diplomatique et sécuritaire.

Cette recomposition régionale s’accompagne d’un renforcement des partenariats avec d’autres acteurs internationaux, notamment la Russie, la Turquie et l’Iran. Pour Ouagadougou, cette rupture marque une étape clé vers la redéfinition de ses alliances et la reprise en main de ses choix stratégiques. Pour la France, elle symbolise un nouveau recul de son influence dans une zone où elle a traditionnellement joué un rôle central.

Cette décision ouvre une période d’incertitudes quant à la gestion des enjeux diplomatiques, consulaires et sécuritaires entre les deux pays. Elle confirme surtout que le Sahel francophone entre dans une nouvelle ère, où l’AES entend défendre ses intérêts d’une seule voix face à ses partenaires occidentaux.

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