RDC : les FARDC dénoncent les allégations de l’AFC/M23 et appellent à l’unité nationale
Les Forces armées de la RDC (FARDC) ont fermement répondu aux propos des responsables de la coalition politico-militaire AFC/M23 tenus lors d’un point presse à Goma (Nord-Kivu). Ceux-ci portaient sur la sécurité dans l’Est congolais et des accusations de persécution visant la communauté banyamulenge (tutsie).
Dans un communiqué daté du 22 juin 2026, signé du lieutenant-colonel Mak Hazukay Mongba, porte-parole intérimaire des FARDC, l’état-major congolais accuse le groupe rebelle de mener « une campagne de propagande et de désinformation ». Selon lui, cette stratégie vise à jeter le discrédit sur les institutions nationales et à détourner l’attention des crimes imputés à la coalition RDF-AFC/M23 dans le conflit qui ravage l’Est du pays, notamment les violations du droit humanitaire et des droits humains.
Les FARDC qualifient ces allégations de massacres ou d’exterminations ciblées de « totalement infondées ». Elles affirment que de telles accusations sont destinées à occulter les responsabilités de la coalition AFC/M23 dans le conflit.
« Les Forces armées de la RDC rejettent catégoriquement ces accusations. Elles rappellent que les Nations Unies et d’autres organisations ont documenté des exécutions sommaires, enlèvements, violences sexuelles et déplacements forcés imputables à la coalition RDF-AFC/M23. »
Pour l’armée congolaise, ces allégations sont « mensongères et cyniques ». Elles viseraient à déformer la réalité et à soustraire la coalition à ses obligations. Les FARDC dénoncent par ailleurs une tentative d’« instrumentalisation des identités communautaires et linguistiques » pour diviser les Congolais.
Cette propagande chercherait à créer une opposition factice entre les habitants de l’Est et ceux des autres provinces, afin d’affaiblir l’unité nationale et de servir les desseins de la coalition.
« Cette campagne cherche à opposer les Congolais de l’Est à leurs frères des autres provinces, ce qui affaiblit la cohésion nationale. Les FARDC sont une armée nationale, républicaine et inclusive, représentant toutes les provinces. »
Les FARDC soulignent que les premières victimes de cette agression sont les populations de l’Est, qui endurent depuis des années l’insécurité, les déplacements, les exactions et les violations des droits humains perpétrés par la coalition RDF-AFC/M23 et ses alliés. Ces souffrances ne sauraient être exploitées à des fins de désinformation ou de division. L’armée affirme que ses opérations visent à protéger ces populations et à préserver l’intégrité du territoire, conformément à sa mission constitutionnelle.
« Les FARDC mettent en garde contre toute propagande ou incitation à la haine qui nuirait à la cohésion nationale, à la sécurité des populations et aux efforts de paix. »
« Les FARDC restent déterminées à défendre l’intégrité territoriale et à neutraliser toute force hostile. Elles ne se laisseront pas distraire par ces campagnes de désinformation. »
Cette déclaration des FARDC survient dans un climat de tensions persistantes entre Kinshasa et l’AFC/M23, alors que les combats se poursuivent dans l’Est. Le 18 juin, à Goma, les dirigeants de l’AFC/M23 avaient accusé le gouvernement congolais de multiples violations du cessez-le-feu et alerté sur la crise humanitaire dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC/M23, avait alors mis en cause le régime de Félix Tshisekedi, accusant les opérations militaires d’avoir pour but d’exterminer la communauté banyamulenge via des drones armés, et de remettre en cause son appartenance à la RDC.