21 août 2026

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Paul biya de retour à Yaoundé après deux mois d’absence : quel impact sur le Cameroun ?

©KIRILL KUKHMAR / TASS HOST PHOTO AGENCY/ HANDOUT/EPA/MAXPPP - epa10774383 A handout photo made available by TASS Host Photo Agency shows Cameroonian President Paul Biya meeting with Russia's President Vladimir Putin, during the Second Summit 'Russia-Africa' Economic and Humanitarian Forum in St.Petersburg, Russia, 28 July 2023. The Second Summit Economic and Humanitarian Forum 'Russia-Africa' takes place from 27 to 28 July at the Expoforum congress-exhibition center in St.Petersburg. EPA-EFE/KIRILL KUKHMAR / TASS HOST PHOTO AGENCY/ HANDOUT --MANDATORY CREDIT-- HANDOUT EDITORIAL USE ONLY/NO SALES (MaxPPP TagID: maxnewsfrfive208493.jpg) [Photo via MaxPPP]

Après un séjour privé de plus de deux mois en Europe, le président du Cameroun Paul Biya a fait son retour à Yaoundé ce jeudi 20 août. Son absence prolongée, la plus longue depuis des décennies, a alimenté les spéculations quant à sa capacité à diriger le pays et relancé les interrogations sur la santé du chef de l’État, âgé de 93 ans.

Selon les informations officielles, Paul Biya avait quitté Yaoundé le 7 juin pour un « court séjour privé en Europe », précisant qu’il se trouvait en Suisse, à Genève, en compagnie de sa famille et de certains de ses proches collaborateurs. Son retour a été marqué par une réception organisée à l’aéroport international de Yaoundé, où une foule de militants du parti présidentiel, certains arborant des pagnes à son effigie, l’a accueilli dans une ambiance festive.

Accompagné de son épouse Chantal Biya, le président a salué la foule depuis la fenêtre entrouverte de son véhicule avant de se diriger vers le palais d’Etoudi, sa résidence officielle. Cette arrivée a été perçue comme un soulagement par ses partisans, tandis que l’opposition a maintenu ses critiques sur la gestion du pouvoir.

Absence prolongée : un débat sur la légitimité du pouvoir

L’absence de Paul Biya a ravivé les débats sur la stabilité institutionnelle du Cameroun, alors que la nomination d’un vice-président et d’un nouveau gouvernement est attendue depuis plusieurs mois. L’opposition a dénoncé un « vide institutionnel » et un pays en « pilotage automatique », soulignant l’urgence de clarifier la ligne de succession en cas de vacance du pouvoir.

Face à ces accusations, des responsables du parti présidentiel ont tenté de rassurer l’opinion publique. Gilles Owono, enseignant présent à l’aéroport, a affirmé que « pour une démocratie comme la nôtre, c’est normal que l’absence prolongée d’un président suscite des interrogations. Mais cela n’a rien changé au fonctionnement du pays, qui a continué à fonctionner ». De son côté, James Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur, a souligné que « où qu’il se trouve, le chef de l’État suit méticuleusement les dossiers que lui soumettent ses collaborateurs ».

Santé et succession : les ombres persistantes

Les absences répétées de Paul Biya, qui se rend régulièrement à Genève pour des séjours médicaux, alimentent les rumeurs sur son état de santé. Malgré les démentis officiels, notamment après des articles de presse évoquant une hospitalisation, ces spéculations persistent. En juin, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, avait catégoriquement nié toute hospitalisation du président dans une clinique genevoise.

Parallèlement, les Camerounais s’interrogent sur l’après-Biya. Tant qu’un vice-président n’a pas été nommé, c’est le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, qui serait chargé d’assurer l’intérim en cas de vacance du pouvoir, le temps d’organiser une élection présidentielle. Cette situation incertaine accélère les spéculations sur la succession, sans que les contours de cette transition ne soient clairement définis.

Une réélection contestée et des tensions persistantes

Le retour du président intervient dans un contexte marqué par les tensions post-électorales. En octobre 2025, sa réélection à un huitième mandat avait été contestée par l’opposition, déclenchant des manifestations violemment réprimées. Le gouvernement avait reconnu « plusieurs dizaines de morts », sans jamais fournir de bilan précis. Les résultats, jugés peu transparents par de nombreux observateurs, avaient également suscité des réserves parmi les chancelleries occidentales.

Alors que la question de la gouvernance reste au cœur des préoccupations, l’opinion publique camerounaise reste divisée. Certains soutiennent que « cela ne change rien qu’il soit là ou pas. Quand il est là, il ne fait rien », comme l’a déclaré Prosper Nkou Mvondo, leader du parti d’opposition Univers. D’autres, plus optimistes, estiment que son retour met fin à une période d’incertitude et permet au pays de retrouver une stabilité nécessaire.

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