Parité hommes-femmes en afrique : le Sénégal et le Tchad en avance ?
Parité hommes-femmes : où en sont le Sénégal et le Tchad ?
Les législations africaines en matière de parité varient selon les pays. Certains instaurent des quotas sur les listes électorales, d’autres réservent des sièges au Parlement. Le Sénégal et le Tchad ont choisi des voies différentes pour promouvoir l’égalité entre les genres dans les instances dirigeantes.
Le Sénégal mise sur des quotas électoraux
Depuis 2010, le Sénégal applique une loi exigeant une alternance stricte entre hommes et femmes sur les listes électorales pour plusieurs scrutins. Cette mesure a permis d’augmenter significativement la représentation féminine à l’Assemblée nationale et dans les collectivités locales.
En revanche, cette loi ne s’applique pas au gouvernement. La composition de l’exécutif dépend exclusivement du président de la République, après consultation du Premier ministre. La présence des femmes au sein du cabinet ministériel reste donc tributaire des choix politiques du chef de l’État.
Le Tchad applique une parité intégrale
Le Tchad a adopté une approche plus ambitieuse avec une ordonnance de 2018 instaurant la parité hommes-femmes, tant pour les fonctions électives que nominatives. Un décret de 2021 précise cette volonté : garantir un accès équitable aux postes de décision, qu’ils soient électifs ou nommés.
Cette loi impose un quota minimal de 30 % de femmes dans les fonctions nominatives, couvrant le gouvernement, les grandes institutions, l’administration centrale et territoriale. Des mesures similaires ont été mises en place pour les élections, favorisant la présence féminine sur les listes électorales.
Grâce à ces réformes, l’Assemblée nationale tchadienne compte désormais 34 % de femmes après les dernières élections de 2024-2025, soit 64 députées sur 188 sièges. Le gouvernement, remanié en avril 2026, compte 12 femmes parmi ses 37 membres, soit environ 32 % de représentation féminine.
Les autorités tchadiennes poursuivent leur objectif d’une représentation plus équilibrée, bien que des obstacles persistent. Les femmes restent sous-représentées dans certains secteurs décisionnels, et des freins sociaux, économiques et culturels limitent encore leur engagement politique.