4 juin 2026

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Ousmane Sonko prône un dialogue urgent pour éviter une crise au Sénégal

Ousmane Sonko prône un dialogue urgent pour éviter une crise au Sénégal

Ousmane Sonko prône un dialogue urgent pour éviter une crise au Sénégal

Après sa destitution de la primature, l’influent leader sénégalais Ousmane Sonko exhorte à un échange constructif avec l’exécutif pour préserver la stabilité du pays. Ses déclarations surviennent alors que le président Bassirou Diomaye Faye a formé un nouveau gouvernement, suscitant des remous politiques.

Ousmane Sonko, figure majeure de la vie politique sénégalaise et limogé de son poste de Premier ministre, a réitéré son soutien à l’actuel gouvernement tout en insistant sur l’impérieuse nécessité d’un dialogue sincère pour écarter tout risque de crise institutionnelle. Le président Bassirou Diomaye Faye, son ancien allié politique, a nommé un nouvel exécutif, mais Sonko met en garde contre les dangers d’une gouvernance improvisée.

C’est la première fois que l’homme politique s’exprime publiquement depuis qu’il a été écarté de ses fonctions le 22 mai dernier, à la suite de profondes divergences avec le chef de l’État, notamment sur la gestion de la dette publique. Lors d’une conférence de presse à Dakar, Sonko a révélé que Bassirou Diomaye Faye lui avait signifié que certaines de ses prises de position récentes lui étaient devenues incommodes.

Le nouveau gouvernement, composé de 30 membres, a été formé sans l’aval de Sonko, qui cumule désormais les fonctions de président de l’Assemblée nationale depuis le 26 mai. Il a vivement critiqué la méthode de constitution de cet exécutif, qualifiant sa formation de hâtive et dépourvue de légitimité politique.

« Former un gouvernement, ce n’est pas un jeu d’enfant. L’exécutif actuel semble méconnaître l’importance d’une assise politique solide », a-t-il déclaré avec fermeté. Selon lui, la situation actuelle est sans précédent, évoquant un gouvernement privé de soutien parlementaire et dépourvu de base démocratique.

Sonko a rappelé que le parti au pouvoir, le Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), dispose d’une majorité écrasante à l’Assemblée nationale avec 130 députés sur 165. « Nous sommes en situation de cohabitation, que cela plaise ou non au président. Il ne détient pas tous les leviers du pouvoir. Il doit admettre cette réalité et engager un dialogue », a-t-il martelé.

Malgré ses critiques acerbes, Sonko a adopté un ton modéré, affirmant que son parti était prêt à accompagner le gouvernement pour assurer sa réussite. « En 72 heures, cette équipe pourrait tomber si nous le souhaitions. Mais nous ne censurerons pas. Nous préférons accompagner », a-t-il précisé.

Il a appelé à la raison, soulignant que les intérêts supérieurs du Sénégal devaient primer sur les divisions. « Si le pays sombre dans une crise de dissolution ou de censure, plus aucun investisseur ne viendra. C’est pourquoi je prône un dialogue politique intelligent et constructif », a-t-il plaidé.

Rappelant les violences post-électorales de 2021 à 2024, marquées par des répressions sanglantes et la mort de dizaines de jeunes, Sonko a mis en garde contre un retour à ces heures sombres. « La paix ne se construit pas à sens unique. Il faut éviter de reproduire les erreurs du passé », a-t-il insisté.

Enfin, il a appelé la jeunesse sénégalaise au calme, dénonçant des tensions orchestrées contre ses partisans ces derniers jours. « La stabilité de notre nation est une priorité absolue. Restons unis et responsables », a-t-il conclu.

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