15 juillet 2026

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Nouvelles nominations judiciaires au Sénégal : une manœuvre pour écarter Ousmane Sonko en 2029 ?

Les nominations judiciaires récentes au Sénégal : un tournant politique controversé

Portrait d'Ousmane Sonko

Les dernières décisions présidentielles concernant des postes clés au sein du système judiciaire sénégalais soulèvent des questions majeures sur leurs implications politiques. Un analyste politique de renom, Mamadou Wane, évoque une possible stratégie pour empêcher Ousmane Sonko de participer à la présidentielle de 2029, tout en soulignant la détermination du peuple à défendre ses droits.

Les récentes affectations au Conseil constitutionnel et à la Cour d’Appel de Saint-Louis ont marqué un tournant significatif dans l’histoire judiciaire du pays. Selon Mamadou Wane, surnommé « Mao », le Président Bassirou Diomaye Faye aurait engagé une politique de révisionnisme institutionnel visant à marginaliser politiquement Ousmane Sonko en prévision des élections de 2029. Cette approche, bien que subtile, risque de se heurter à la fermeté d’une population sénégalaise résiliente, soutenue par un parti politique en pleine expansion et une mobilisation citoyenne sans précédent.

L’expert politique estime que le chef de l’État pourrait tenter d’écarter Sonko en utilisant les institutions judiciaires, notamment via la nomination de magistrats issus de l’ancien régime à des postes stratégiques. Pour autant, il juge cette initiative condamnée à l’échec, car elle sous-estime la capacité du peuple sénégalais à s’opposer aux manœuvres politiques. L’opposant, toujours soutenu par une base populaire solide, a déjà surmonté plusieurs tentatives de disqualification lors des précédents scrutins.

Bassirou Diomaye Faye a nommé, par décret publié le 13 juillet 2023, Ousmane Diagne à la présidence du Conseil constitutionnel, remplaçant ainsi feu Mamadou Badio Camara. Quelques jours plus tôt, une surprise a marqué les observateurs : le choix du chef de l’État s’est porté sur Serigne Bassirou Guèye, ancien procureur de la République, pour le poste d’avocat général à la Cour d’Appel de Saint-Louis.

Ces deux magistrats entretiennent des relations tendues avec Ousmane Sonko. Les tensions avec Ousmane Diagne portaient sur le ralentissement des procédures judiciaires et l’absence de volonté à poursuivre les responsables des violences commises entre 2012 et 2024. Quant à Serigne Bassirou Guèye, il a été directement accusé par Sonko d’avoir falsifié un rapport d’enquête pour servir des intérêts politiques lors de l’affaire du complot et du viol, entraînant sa condamnation.

Mamadou Wane tempère son jugement sur Ousmane Diagne, invitant à attendre ses futurs actes : « Il ne faut pas lui attribuer d’intention malveillante sans preuve. En revanche, Serigne Bassirou Guèye a franchi une ligne rouge en manipulant la justice. Un magistrat ayant recours à de telles pratiques n’a plus sa place dans l’institution. »

Un retour en arrière politique : la menace du néocolonialisme

Pour le politologue, ces nominations s’inscrivent dans une logique de révisionnisme historique, qu’il définit comme une volonté de restaurer l’ancien système politique. Ces décisions reflètent le retour en force de figures liées à l’ex-coalition au pouvoir et s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à consolider une nouvelle force centriste sous l’égide du parti présidentiel.

« Le révisionnisme, c’est la nostalgie du passé colonial. Aujourd’hui, deux camps s’opposent clairement : d’un côté, ceux qui cherchent à rétablir un système hérité de la colonisation, et de l’autre, ceux qui défendent la souveraineté, le patriotisme et une révolution démocratique », explique-t-il après quatre décennies d’observation de la vie politique.

Il met en garde le gouvernement contre toute velléité d’exclusion d’Ousmane Sonko : « Ceux qui pensent pouvoir agir ainsi font preuve d’une cécité politique alarmante. Ils oublient que le peuple sénégalais a une longue tradition de résistance. La mobilisation populaire est à l’origine de la situation actuelle. Vouloir éliminer Sonko en manipulant la justice ou en dissolvant l’Assemblée ne fonctionnera pas. »

La puissance du PASTEF et l’engagement de la jeunesse

Mamadou Wane souligne que l’affluence record lors de l’achat des cartes du PASTEF reflète la force réelle du parti sur le terrain. « Aujourd’hui, le PASTEF est le parti le plus organisé, le plus dynamique et celui qui bénéficie du leadership le plus charismatique autour d’Ousmane Sonko. Cette structure militante fait toute la différence », observe-t-il.

Le politologue insiste sur la maturité démocratique acquise par les Sénégalais depuis les alternances de 2000 et 2012, renforcée par les trois années de lutte intense entre 2021 et 2024 : « En 2021, la résistance populaire n’a pas été un feu de paille. Elle a duré près de trois ans, offrant au peuple une expérience unique de combat politique. Cette mémoire collective rend toute tentative de marginalisation de Sonko vouée à l’échec dès maintenant. »

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