28 septembre 2026

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Niger : quand l’absence d’eau et d’électricité dans le nord fragilise tout un quotidien

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Agadez, Arlit, Tchirozérine : les conséquences d’un déficit énergétique qui s’installe

Depuis deux mois, plusieurs localités du nord du Niger vivent au rythme des coupures d’électricité et des pénuries d’eau. Pour les habitants, les commerçants et les structures de santé, ces perturbations ne sont pas de simples désagréments : elles bouleversent l’accès aux soins, l’activité économique et les conditions de vie les plus élémentaires. La région d’Agadez, Arlit et Tchirozérine demeure confrontée à une situation énergétique particulièrement tendue, avec des conséquences directes et durables pour les populations.

Des délestages qui pèsent sur les services essentiels

En mai, les autorités régionales avaient reconnu l’existence de perturbations dans la fourniture d’électricité et d’eau, dépêchant des responsables auprès de la NIGELEC et de la Nigérienne des Eaux afin d’évaluer la situation. En juillet, des délestages répétés étaient encore signalés à Arlit, au point de perturber le fonctionnement des services de santé. Les autorités locales avaient dû se rendre dans le district sanitaire pour mesurer l’impact de ces coupures sur la prise en charge des patients.

Une explication technique qui ne suffit pas à éclairer le quotidien

À Agadez, Arlit et Tchirozérine, la NIGELEC avait annoncé des délestages liés à des travaux de maintenance sur les infrastructures de la centrale à charbon de SONICHAR. Mais pour les habitants, la justification technique ne change rien à la réalité : lorsque le courant disparaît, les maisons, les commerces et certains services essentiels basculent dans l’obscurité. Dans certaines localités plus isolées, des habitants rapportent des périodes sans alimentation électrique pouvant atteindre plusieurs semaines. Ces témoignages méritent d’être vérifiés localité par localité, mais ils traduisent un sentiment d’abandon largement exprimé.

Quand l’eau devient le premier maillon d’une crise en chaîne

La crise énergétique aggrave celle de l’eau. Les deux sont intimement liées : lorsque les installations de pompage dépendent de l’électricité et que celle-ci fait défaut, l’approvisionnement en eau s’en trouve affecté. À Agadez, les responsables de la Nigérienne des Eaux avaient reconnu en mai que la production disponible ne suffisait pas à couvrir les besoins de la population. La production atteignait alors environ 19 500 m³, tandis que les besoins dépassaient cette capacité.

Quelques semaines plus tard, la situation était toujours décrite comme préoccupante. Des informations publiées en juillet faisaient état d’une pénurie simultanée d’eau potable, d’électricité, de gaz domestique et de carburant dans les principales villes de la région. Pour certains habitants, la conséquence est brutale : lorsque l’eau courante manque, il faut chercher d’autres sources. Dans les zones où les solutions alternatives sont limitées, des populations peuvent être contraintes de se tourner vers les marigots pour satisfaire leurs besoins quotidiens.

Des chiffres nationaux qui masquent les disparités régionales

Le gouvernement nigérien affirme pourtant vouloir renforcer la production électrique. En juillet, la ministre de l’Énergie annonçait une capacité installée nationale de 420 MW, pour une puissance effectivement disponible de 294 MW. Mais la même présentation montrait que la zone Nord ne disposait que de 16 MW de puissance disponible.

C’est précisément là que se situe l’une des questions centrales : augmenter les capacités nationales ne suffit pas si, dans les zones éloignées, l’électricité n’arrive pas régulièrement jusqu’aux ménages. Le contraste est donc saisissant entre les annonces nationales et la réalité rapportée dans certaines villes du nord.

Les répercussions concrètes sur la vie des citoyens et l’économie locale

L’eau et l’électricité ne sont pas des services secondaires. Ils conditionnent la santé, l’activité économique, l’éducation, le fonctionnement des commerces et tout simplement les conditions de vie. Le régime du général Abdourahamane Tiani peut mettre en avant les investissements, les nouvelles capacités énergétiques ou les projets d’infrastructures. Mais sur le terrain, les populations jugent aussi les résultats à partir d’une réalité beaucoup plus simple : y a-t-il de l’eau au robinet ? Y a-t-il de l’électricité lorsque la nuit tombe ?

Dans plusieurs localités du nord du Niger, ces questions restent manifestement ouvertes. Et lorsque des familles doivent attendre des jours, voire selon certains témoignages plusieurs semaines, pour retrouver une alimentation électrique normale, tandis que l’accès à l’eau demeure insuffisant, la promesse de changement se heurte à une réalité difficile à masquer.

Le nord du Niger ne demande pas seulement des annonces. Il demande de l’eau, de la lumière et des services qui fonctionnent.

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