22 juillet 2026

Niger libéré

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Moussa tiangari : le Nigeria doit libérer le défenseur des droits humains sans délai

Le groupe onusien dénonce une détention arbitraire au Niger

Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire vient de rendre un avis sans ambiguïté : la privation de liberté de Moussa Tiangari, défenseur nigérien des droits humains, est jugée « arbitraire ». Une décision qui intervient après des mois de mobilisation de la société civile et des organisations internationales.

Le Groupe de travail onusien a adopté le 23 mars 2026 un avis (n°4/2026) rendu public le 23 juin, qualifiant sa détention de violation flagrante des droits fondamentaux. Cet avis fait suite à une plainte déposée par l’International League Against Arbitrary Detention et au plaidoyer soutenu par des acteurs comme l’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains, qui réclame depuis des mois sa libération immédiate.

Une arrestation controversée et des charges lourdes

Le 3 décembre 2024, Moussa Tiangari, secrétaire général de l’organisation Alternative espaces citoyens (AEC), était enlevé à son domicile à Niamey. Après 48 heures de détention au secret, il était localisé au Service central de lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée avant d’être placé en garde à vue. Le 3 janvier 2025, il était inculpé par le doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance hors classe de Niamey.

Son arrestation coïncidait avec son retour d’un voyage à Abuja, où il avait participé au conseil d’administration du Centre pour la démocratie et le développement (CDD), partenaire de l’AEC. Quelques jours plus tôt, il avait également assisté à une conférence à Abidjan organisée par le CICR pour commémorer les 75 ans des Conventions de Genève. Un journaliste proche des autorités l’avait alors accusé d’avoir tenu des propos attentatoires aux intérêts du Niger.

Les charges retenues contre lui sont lourdes : « apologie du terrorisme », « atteinte à la sûreté de l’État », « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste », « atteinte à la défense nationale » et « complot contre l’autorité de l’État en intelligence avec des puissances ennemies ». Des accusations passibles de la peine de mort en cas de condamnation.

Un non-respect flagrant du droit international

Dans son avis, le Groupe de travail onusien estime que la détention de Moussa Tiangari viole plusieurs articles de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Le GTDA souligne notamment l’absence de base juridique, des violations graves du droit à un procès équitable et des motifs discriminatoires liés à l’exercice de sa liberté d’expression et de son engagement citoyen.

Malgré cet avis, Moussa Tiangari reste détenu à la prison de sécurité de Filingué. Pire : le 15 mai 2026, la chambre de contrôle du pôle spécialisé en lutte contre le terrorisme de la Cour d’Appel de Niamey rejetait sa demande de libération provisoire. Une décision d’autant plus surprenante que l’ordonnance n°2026-10 du 16 février 2026 limite à douze mois renouvelables une fois la durée maximale de détention provisoire en matière de terrorisme. Pourtant, il est détenu depuis plus d’un an et demi.

Le 19 juin 2026, ses avocats saisissaient la Chambre de contrôle pour ordonner sa libération. Mais le 26 juin, une ordonnance rétroactive portait la durée maximale de détention provisoire à quatre ans, renouvelable une fois. Une modification qui, selon son collectif d’avocats, vise à le maintenir en détention.

Un harcèlement judiciaire récurrent

Ce n’est pas la première fois que Moussa Tiangari est victime d’un harcèlement judiciaire. En mai 2015, il avait été arbitrairement détenu dix jours pour « atteinte à la défense nationale ». En mars 2018, il subissait quatre mois de détention pour son rôle dans des manifestations pacifiques contre la loi de finances. En mars 2020, il était à nouveau arrêté et détenu un mois et demi lors d’une manifestation anti-corruption.

Sa situation s’inscrit dans un contexte plus large de répression accrue depuis le coup d’État du 27 juillet 2023 au Niger. L’espace civique se réduit, les libertés fondamentales sont bafouées, et les défenseur·es des droits humains font l’objet de détentions arbitraires et de déchéances de nationalité.

Appel urgent à la libération immédiate

Face à cette situation, l’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains exhorte les autorités nigériennes à se conformer sans délai à l’avis du Groupe de travail onusien. Il demande :

  • La libération immédiate et inconditionnelle de Moussa Tiangari ;
  • L’abandon de toutes les charges retenues contre lui ;
  • Une enquête indépendante sur les circonstances de sa détention arbitraire et sur les allégations de torture ;
  • La fin du harcèlement judiciaire envers lui et tous les défenseur·es des droits humains au Niger ;
  • Le respect plein et entier de la liberté d’expression, conformément au droit international.

Le Niger, signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, doit garantir en toutes circonstances le respect de ces droits fondamentaux.

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