Moussa ag acharatoumane : le soutien indéfectible des maliens à leur armée et leurs dirigeants
Au Mali, la transition politique et sécuritaire se poursuit sous haute tension. Depuis les attaques coordonnées du 25 avril, menées conjointement par les groupes jihadistes du Jnim – affilié à al-Qaïda – et les indépendantistes du FLA, le pays fait face à une escalade sans précédent. Pour la première fois, ces mouvements ennemis ont uni leurs forces pour frapper simultanément, causant la mort du général Sadio Camara, ministre de la Défense, et s’emparant de la ville de Kidal. Aujourd’hui, un blocus serré menace la capitale Bamako, tandis que les forces maliennes, soutenues par les partenaires russes de l’Africa Corps, maintiennent leur résistance et intensifient leurs opérations.
une transition politique et militaire sous pression
Face à cette situation critique, la réaction des autorités de transition est sans ambiguïté. Moussa Ag Acharatoumane, membre du Conseil national de transition – qui assure la fonction législative en l’absence d’élections depuis six ans – et chef du Mouvement pour la sauvegarde de l’Azawad (MSA), groupe politico-militaire allié au régime, défend la légitimité du pouvoir en place. « Assimi Goïta reste le président dont le Mali a besoin », affirme-t-il sans détour. Selon lui, malgré l’ampleur des attaques, l’État malien reste debout et actif.
Les forces de défense et de sécurité ont riposté efficacement, malgré la complexité des offensives et la présence de complices internes et externes. L’armée malienne démontre une cohésion remarquable : commandement soudé, troupes motivées et opérations en cours sur l’ensemble du territoire. « Le peuple malien est solide. Les Maliens aiment leur armée, leur pouvoir et leur pays », déclare-t-il avec conviction.
l’alliance jihadiste et indépendantiste : une erreur stratégique
Les liens entre le Jnim, lié à al-Qaïda, et le FLA, mouvement indépendantiste, suscitent de vives inquiétudes. Moussa Ag Acharatoumane rappelle que cette alliance n’est pas nouvelle : en 2012, une configuration similaire avait plongé le Mali dans le chaos. « Une partie des rebelles n’a jamais rompu avec al-Qaïda », souligne-t-il, évoquant même des victimes au sein de leurs rangs, dont les familles ont été décimées par l’organisation.
Il insiste sur l’absurdité de cette collaboration : « Nos frères doivent réaliser l’erreur grotesque qu’ils commettent et revenir en arrière. » Il cite en exemple l’alliance du MSA et du Gatia avec l’armée malienne pour lutter contre le terrorisme international, une stratégie opposée à celle du Jnim et du FLA. « Quand al-Qaïda officialise son alliance avec le FLA, quand Iyad Ag Ghali coordonne les opérations à Kidal aux côtés des dirigeants du FLA, quand des drapeaux noirs à motifs sataniques défilent dans les rues, il n’y a plus de doute : nos frères sont dans l’erreur », martèle-t-il.
la situation à Kidal et Ménaka : entre contrôle et vigilance
Le Jnim et le FLA contrôlent désormais Kidal et Tessalit, tandis que l’armée malienne et l’Africa Corps russe tiennent Aguelhoc et Anéfis. Une contre-offensive est-elle envisagée ? « Les forces de défense et de sécurité sont en pleine réorganisation et déterminées », assure Moussa Ag Acharatoumane. « Ils ne céderont pas un centimètre de territoire à une organisation terroriste. »
Concernant le général El Hadj Ag Gamou, gouverneur de Kidal depuis 2023, il précise : « Il va très bien, son moral est excellent. Il est gouverneur et se consacre à sa mission. L’armée gère les offensives et le redéploiement. Il n’est pas impliqué directement dans les opérations militaires. »
Dans la région de Ménaka, l’État islamique, rival du Jnim, a été repoussé fin avril. Aujourd’hui, « la situation est sous contrôle » : l’administration a repris ses activités, la vie normale a repris, et des patrouilles régulières sont menées. « Mais attention, la menace reste réelle », rappelle-t-il. « Nous sommes en guerre contre l’une des organisations terroristes les plus dangereuses au monde. La vigilance est de mise. »
pas de dialogue avec les groupes armés
Face aux appels au dialogue lancés par certains opposants, Moussa Ag Acharatoumane est catégorique : « Il n’y a rien à négocier avec des groupes qui ont pour projet la destruction du pays ». L’État malien a pour mission de protéger sa population et son intégrité territoriale. « Si nos frères reviennent à de meilleurs sentiments, il y aura de la place pour tous. Mais pas dans ces conditions. »