5 juillet 2026

Niger libéré

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Mission onusienne dans l’est de la rdc : protéger les victimes et rétablir la vérité

L’ONU lance une enquête cruciale pour mettre fin aux violences dans l’Est de la RDC

Une commission d’enquête indépendante des Nations Unies a dévoilé les contours de sa mission dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo. Présidée par Arnauld Akodjenou, cette équipe a pour objectif d’éclaircir les multiples violations des droits humains qui frappent cette région déchirée par les conflits.

Une mission née d’une crise humanitaire alarmante

Créée en février 2025 par le Conseil des droits de l’homme, cette commission intervient dans un contexte où les populations civiles subissent des exactions d’une gravité sans précédent. Les témoignages recueillis révèlent des scènes d’une brutalité inouïe : enfants recrutés de force, violences sexuelles systématiques, meurtres arbitraires, détentions illégales, mais aussi des attaques ciblant les infrastructures essentielles comme les écoles et les centres de santé.

Lors de sa première prise de parole officielle à Genève, Arnauld Akodjenou a souligné l’urgence d’agir : « Les informations que nous avons collectées décrivent une situation multidimensionnelle où s’entremêlent déplacements massifs, épidémies, effondrement des services publics et une complexité régionale croissante ».

Protéger les victimes et préserver les preuves

Le mandat de cette commission s’articule autour de trois priorités absolues :

  • Établir les faits avec impartialité : les enquêteurs s’engagent à reconstituer la chronologie des événements sans parti pris, afin de documenter chaque violation.
  • Préserver les éléments de preuve : afin de faciliter d’éventuelles poursuites judiciaires, toutes les preuves (témoignages, vidéos, rapports médicaux) seront sécurisées et archivées.
  • Prévenir de nouvelles exactions : en identifiant les causes profondes des violences, la commission formulera des recommandations pour éviter leur répétition.

« Notre travail ne vise aucun État ni aucune communauté. Nous cherchons simplement à rétablir la vérité pour les victimes », a précisé le président de la commission. Il a également alerté sur les obstacles rencontrés : barrages routiers illégaux, taxes arbitraires, entraves à l’aide humanitaire et menaces contre les défenseurs des droits humains et les journalistes.

Un défi logistique et sécuritaire de taille

Bien que la mission n’ait pas encore pu se rendre à Goma en raison des conditions sur le terrain, les enquêteurs ont pu recueillir des témoignages précieux auprès de survivants, d’autorités congolaises et d’acteurs locaux. Arnauld Akodjenou a indiqué que des déplacements sur le terrain étaient prévus dès que la sécurité le permettrait.

Parmi les zones les plus touchées, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu concentrent l’essentiel des violations documentées. La commission a notamment pointé du doigt les groupes armés responsables de la majorité des exactions, tout en insistant sur la nécessité d’une enquête exhaustive.

Vers une justice pour les victimes ?

Cette enquête s’inscrit dans une démarche plus large visant à briser le cycle de l’impunité en RDC. Les Nations Unies ont rappelé que les crimes commis, notamment ceux à caractère sexuel et ceux impliquant des enfants, pourraient relever du droit international humanitaire. Les recommandations de la commission pourraient ainsi servir de base à des poursuites devant la Cour pénale internationale ou d’autres instances judiciaires compétentes.

Pour les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, cette mission représente un espoir de voir enfin leurs souffrances reconnues et leurs droits restaurés.

Photo : Évacuation des victimes à la prison centrale de Goma/Munzenze – une illustration tragique de la crise humanitaire en cours.

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