24 juillet 2026

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Maroc et États-Unis : l’histoire d’une alliance au long cours

illustration des relations diplomatiques entre le Maroc et les États-Unis

Depuis plus de deux siècles, le Maroc et les États-Unis entretiennent l’une des alliances les plus singulières de la diplomatie mondiale. Une relation souvent qualifiée de « spéciale », forgée dans les méandres de l’histoire, où intérêts stratégiques et engagements historiques se mêlent pour dessiner une trajectoire unique.

Dès 1786, le Maroc devenait le premier pays à reconnaître officiellement l’indépendance des États-Unis, scellant ainsi un traité de paix et d’amitié toujours en vigueur aujourd’hui. Ce geste fondateur, motivé par la nécessité pour Washington de sécuriser ses routes maritimes en Méditerranée face à la piraterie, a posé les bases d’un partenariat que ni le temps ni les bouleversements géopolitiques n’ont pu ébranler.

La Seconde Guerre mondiale : un tournant décisif

L’année 1942 marque un tournant dans cette relation. L’opération « Torch », sous le commandement du général Dwight D. Eisenhower, voit débarquer 35 000 soldats américains sur les côtes marocaines. Cet événement dépasse le cadre militaire : lors de la conférence de Casablanca en 1943, le président Franklin D. Roosevelt aurait promis au Sultan Mohammed V son soutien pour la restauration de la souveraineté marocaine après le conflit. Une déclaration qui a profondément marqué les esprits au Maroc, même si elle a provoqué l’ire du général de Gaulle.

Guerre froide : entre bases stratégiques et quête d’autonomie

L’indépendance du Maroc en 1956 impose une réévaluation des rapports bilatéraux. Washington, en pleine Guerre froide, identifie rapidement le royaume chérifien comme un allié clé. Des bases aériennes sont installées pour renforcer la projection de la force nucléaire américaine vers l’Union soviétique. Pourtant, cette proximité cache des tensions : le Roi Mohammed V, puis son successeur Hassan II, veillent jalousement sur leur souveraineté. En 1963, sous la pression des autorités marocaines, les troupes américaines quittent définitivement le territoire.

Stabilité et équilibre des pouvoirs

La stabilité du régime marocain est devenue un enjeu central pour les États-Unis. Les tentatives de coup d’État contre Hassan II en 1971 et 1972 illustrent cette préoccupation. Malgré des soupçons passagères du souverain sur une possible implication américaine — alimentés par l’utilisation d’avions de combat américains par les putschistes —, la relation a su résister aux épreuves du temps. Le Maroc a su tirer parti de ce partenariat en transformant ses besoins sécuritaires en leviers de collaboration, notamment dans la gestion du Sahara occidental et à travers des initiatives comme le Peace Corps.

L’avenir d’une alliance historique

À l’ère des bouleversements régionaux, comme ceux du « printemps arabe », la question de l’avenir de cette alliance se pose avec acuité. Les États-Unis doivent désormais concilier le maintien d’une relation stratégique historique avec les aspirations politiques des populations locales. La manière dont Washington gérera cette équation déterminera la nature même de ce lien unique.

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