7 août 2026

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Marché intérieur du Cameroun : le trésor public mobilise 800 milliards fcfa au premier semestre

Au cours du premier semestre 2026, le Trésor public camerounais a réussi à lever un montant record de 800,7 milliards de FCFA sur le marché intérieur, soit près de 1,4 milliard de dollars. Cette performance, détaillée dans la Conjoncture mensuelle de la dette publique publiée par la Caisse autonome d’amortissement (CAA) le 27 juillet 2026, marque un tournant dans la stratégie de financement domestique de Yaoundé. Cependant, ce chiffre, bien que significatif à l’échelle de la CEMAC, révèle une tendance à la baisse dans l’émission de titres publics.

Le marché intérieur camerounais face à un ralentissement des émissions

Comparé aux 1 525,9 milliards de FCFA collectés sur l’ensemble de l’année 2025, le volume levé en six mois en 2026 suggère un net ralentissement. Si cette dynamique se confirme, le Cameroun pourrait atteindre environ 1 600 milliards de FCFA d’ici la fin de l’année, un niveau proche de celui de 2025 mais bien inférieur aux anticipations initiales. Plusieurs éléments expliquent cette tendance : une cadence d’adjudication de titres publics (BTA et OTA) ajustée à la baisse et une demande plus exigeante de la part des investisseurs régionaux.

La liquidité bancaire en zone CEMAC, largement dépendante des recettes pétrolières et des réserves de change gérées par la BEAC, reste vulnérable aux variations des cours du pétrole. En outre, la concurrence accrue des émissions souveraines d’autres pays de la sous-région, comme le Gabon, le Tchad ou le Congo-Brazzaville, limite la capacité des banques primaires à absorber davantage de titres camerounais.

Une stratégie de financement sous pression

Ce repli s’inscrit dans un contexte où les autorités camerounaises cherchent à maîtriser le coût du service de la dette intérieure. Les taux appliqués aux dernières émissions en zone CEMAC ont tendance à augmenter, reflétant à la fois la politique monétaire restrictive de la BEAC et la perception d’un risque accru par les investisseurs. Pour le Trésor camerounais, trouver l’équilibre entre le volume des levées et le coût pondéré est devenu un défi majeur, d’autant que la maturité moyenne des titres émis influence directement le profil de refinancement des années à venir.

La CAA, dans ses analyses mensuelles, compare systématiquement les besoins de trésorerie liés à l’exécution budgétaire, les échéances de dette et les ressources effectivement mobilisées. Bien que le Cameroun conserve son statut de première économie de la CEMAC, ce rôle d’émetteur de référence impose une gestion rigoureuse. Un ralentissement maîtrisé peut être interprété comme une approche prudente, mais un recul non anticipé pourrait susciter des interrogations sur la santé budgétaire du pays.

Les défis pour le second semestre 2026

Les prochaines adjudications, prévues au second semestre, seront déterminantes pour évaluer la trajectoire de l’endettement intérieur. Elles devront intégrer les échéances de remboursement à venir et les besoins de financement des grands projets publics, notamment dans les secteurs des infrastructures et de l’énergie. Le ministère des Finances, dirigé par Louis Paul Motaze, a historiquement combiné financements intérieurs et extérieurs, incluant des partenariats avec des institutions comme le FMI ou la Banque mondiale.

Cependant, la question de la profondeur du marché financier sous-régional reste entière. La Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC) peine à rivaliser avec des places comme la BRVM en Afrique de l’Ouest. Pour les prochaines levées, le succès dépendra de la capacité du Trésor camerounais à élargir sa base d’investisseurs, en attirant notamment des fonds panafricains ou des acteurs non bancaires. Les six prochains mois seront donc décisifs pour la stratégie de financement domestique de Yaoundé.

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