7 mai 2026

Mali : offensive conjointe touarègue et djihadiste défie la junte et ses alliés

Mali : une alliance inattendue entre Touaregs et djihadistes ébranle la junte militaire et ses soutiens russes

Le chef d’état-major des forces armées maliennes, Oumar Diarra, a révélé que les récents assauts s’inscrivent dans un « plan de déstabilisation coordonné par des acteurs internes et externes », visant à semer une insécurité durable dans le pays. Ces déclarations interviennent après une série d’attaques simultanées menées par des groupes armés dans plusieurs villes stratégiques du Mali, dont Bamako, Gao et Kidal.

Une offensive d’une ampleur sans précédent

Samedi 25 avril, une coalition composée de rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et de djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a lancé une offensive majeure. Les assaillants ont ciblé sept villes majeures :

  • Bamako et sa banlieue de Kati, où se trouve la résidence présidentielle ;
  • Konna, Mopti et Sévaré, situées au centre du pays ;
  • Gao et Kidal, dans le nord du pays.

Kidal, bastion stratégique au nord-ouest, est tombée sous le contrôle des insurgés. Les méthodes employées incluent des véhicules piégés, des engins explosifs improvisés, des drones kamikazes et des attaques directes contre des positions militaires. Selon les autorités, les attaques ont débuté vers 5h30 du matin, avec des assauts revendiqués par le JNIM et le FLA.

Réactions et bilan des affrontements

Le gouvernement de transition a qualifié les attaques de « complexes et coordonnées », faisant état de 16 blessés parmi les civils et les militaires. Un couvre-feu de 72 heures a été instauré à Bamako, et l’aéroport international Modibo Keita est resté fermé dimanche. Le général Diarra a affirmé que la riposte des Forces armées maliennes (FAMA) a neutralisé plus de 200 combattants ennemis, tout en reconnaissant des difficultés à Kidal.

Le Corps d’armée russe pour l’Afrique (Corps d’Afrique), une force paramilitaire russe, a annoncé son retrait de Kidal en coordination avec l’armée malienne, évoquant des blessés et du matériel lourd à évacuer. Cette décision fait suite à un accord conclu avec les rebelles touaregs pour garantir un retrait sécurisé.

Un tournant politique et militaire

L’offensive marque un tournant avec l’alliance entre les Touaregs et les djihadistes, une coalition qui s’est consolidée ces dernières années. Le Front de libération de l’Azawad (FLAA), né en 2024, a officiellement rompu les accords d’Alger de 2015, qui visaient à mettre fin aux conflits dans le nord du Mali. Cette alliance tactique vise à contrer la junte militaire de Bamako et les mercenaires russes de l’ex-groupe Wagner.

Parmi les victimes figure Sadio Camara, ministre de la Défense, tué lors d’un attentat-suicide à son domicile à Kati. Sa mort, ainsi que celle de plusieurs civils et membres de sa famille, représente un coup dur pour la junte militaire. Le général Assimi Goïta, chef de la junte, a été évacué en lieu sûr, tandis que d’autres responsables ont été blessés ou tués.

Conséquences et perspectives

Cette offensive soulève des questions sur l’équilibre des pouvoirs au sein de la transition malienne. Les autorités évoquent un « scénario syrien » pour justifier l’ampleur de la menace, tandis que des informations indiquent une possible implication de services de renseignement étrangers, notamment ukrainiens, dans la coordination des attaques. Le Mali a rompu ses relations diplomatiques avec l’Ukraine, accusant Kiev de soutenir les groupes armés.

Alors que les combats se poursuivent, la situation humanitaire et sécuritaire au Mali reste critique, avec des risques accrus de déstabilisation régionale.

Carte du Mali illustrant les zones touchées par l'offensive touarègue et djihadiste
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