Rencontre diplomatique à Lomé entre les autorités togolaises et congolaises

Dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la capitale togolaise, Lomé, a servi de cadre à une rencontre diplomatique d’importance ce 14 juillet 2026. Le président du Conseil des ministres de la République togolaise, Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine pour résoudre la crise dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs, a reçu Floribert Anzuluni, ministre congolais de l’Intégration régionale, porteur d’un message du président Félix Tshisekedi.

Les échanges ont porté sur le renforcement des relations bilatérales entre le Togo et la RDC, ainsi que sur les défis sécuritaires actuels dans l’Est congolaise. Selon la présidence togolaise, les discussions ont également mis en lumière les efforts de médiation en cours pour instaurer une paix durable dans une région en proie aux conflits armés depuis plus de trois décennies.

« Le ministre Floribert Anzuluni a salué l’engagement personnel du président Gnassingbé dans la recherche d’une solution pérenne à la crise qui frappe la région des Grands Lacs. En sa qualité de médiateur de l’Union africaine, il mène des consultations avec toutes les parties prenantes pour aboutir à un règlement pacifique et durable du conflit », a indiqué la présidence togolaise.

Avant son passage à Lomé, Floribert Anzuluni s’était rendu en Ouganda pour transmettre un message du président Tshisekedi à son homologue ougandais, Yoweri Kaguta Museveni. Ces déplacements s’inscrivent dans un contexte où la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda selon Kinshasa et plusieurs rapports internationaux, intensifie ses offensives contre les forces gouvernementales. Le mouvement armé conserve le contrôle de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, consolidant ainsi ses positions sur le terrain.

Ces rencontres surviennent dans un climat politique national tendu en RDC, alors que des débats émergent autour d’un éventuel projet de révision ou de modification de la Constitution, à deux ans de la fin du mandat du président Félix Tshisekedi.

Ces initiatives diplomatiques s’ajoutent à une série de consultations intenses dans la région. Kinshasa et Luanda poursuivent des échanges réguliers sur les enjeux de paix et de sécurité dans la région des Grands Lacs. Elles font suite aux démarches entreprises par le président burundais Évariste Ndayishimiye, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, qui a consulté les principales confessions religieuses de la RDC ainsi qu’un groupe de leaders de l’opposition politique congolaise.

Autre étape diplomatique majeure : le déplacement récent de Félix Tshisekedi à Brazzaville pour des discussions avec son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso. Cette visite s’inscrit dans la continuité des efforts de médiation africaine, après la visite d’État d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa. Quelques jours plus tard, Denis Sassou Nguesso a poursuivi ses consultations en accueillant notamment le cardinal Fridolin Ambongo pour échanger sur la situation politique et institutionnelle en RDC.

Floribert Anzuluni est arrivé à Lomé quelques semaines après une session technique de la réunion semestrielle d’évaluation du processus de paix, organisée les 7 et 8 juin 2026 à l’initiative du président Gnassingbé. Au cours de ces assises, il avait souligné l’impérieuse nécessité de renforcer la cohérence et la coordination entre les différents mécanismes de médiation engagés. Il avait insisté sur l’importance d’une mobilisation collective et soutenue en faveur de la stabilité et de la sécurité dans l’Est de la RDC.

Pour le médiateur de l’Union africaine, seule une action concertée des acteurs régionaux, continentaux et internationaux permettra de consolider les avancées réalisées et de favoriser l’émergence d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.

Cette réunion d’évaluation faisait suite à une rencontre de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC, organisée les 16 et 17 janvier à Lomé. Initiées par Faure Gnassingbé, ces réunions visent à renforcer la confiance entre les parties, à faire progresser le dialogue et à veiller au respect des engagements pris par les différents acteurs impliqués dans le processus de paix.

Cette initiative avait réuni un panel de facilitateurs composé d’anciens chefs d’État, du ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, de représentants de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), ainsi que plusieurs partenaires internationaux. Elle s’inscrivait dans la continuité des efforts diplomatiques déployés ces derniers mois pour stabiliser l’Est de la RDC.