1 juillet 2026

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Les vacances scolaires à n’djamena : la vente de manioc, un combat quotidien pour léa

À N’Djamena, des élèves transforment leurs vacances en opportunité économique

Pour la plupart des élèves, les vacances scolaires riment avec détente et insouciance. Pourtant, au quartier Kilwiti, à N’Djamena, Léa incarne une réalité bien différente. Cette élève de seconde a choisi de consacrer ses jours de congé à une activité qui allie survie et ambition : la vente de manioc. Avec une bassine d’eau posée en équilibre sur sa tête, elle sillonne chaque jour les artères animées de la capitale tchadienne, déterminée à financer sa prochaine année scolaire.

Léa, élève à N’Djamena, transporte du manioc pendant ses vacances pour financer ses études

Un engagement qui dépasse le simple besoin financier

Installée au cœur du quartier populaire de Kilwiti, Léa partage un modeste foyer avec sa mère. Pour elle, les vacances ne sont pas une trêve, mais une période de travail intense. « Je vends du manioc pour préparer la rentrée scolaire. Chaque franc compte », confie-t-elle avec une maturité surprenante pour son âge. Les prix varient entre 50 et 500 FCFA selon les portions, mais l’activité n’est pas sans obstacles.

Le coût élevé du manioc, qu’elle achète elle-même, crée des tensions avec certains clients. « Certains trouvent nos tarifs excessifs, mais ils oublient que nous achetons la marchandise au prix fort. Vendre à perte est impossible », explique-t-elle. Malgré ces défis, des clients solidaires reconnaissent ses efforts et l’encouragent dans sa démarche.

Une jeunesse tchadienne en quête d’autonomie

Au-delà des contraintes économiques, cette initiative reflète un changement profond dans la mentalité des jeunes Tchadiens. Dans un pays où le chômage des jeunes atteint des niveaux alarmants et où le système éducatif peine à offrir des débouchés stables, des élèves comme Léa prennent leur destin en main. Elles comprennent que l’autonomie financière et la diversité des compétences sont des leviers essentiels pour bâtir un avenir professionnel.

En combinant études et commerce, elles développent non seulement leur sens des responsabilités, mais aussi une résilience face aux réalités économiques du Tchad. Ces parcours, bien que modestes, sont autant de témoignages d’une jeunesse qui refuse de se résigner et qui mise sur l’initiative personnelle pour surmonter les défis.

Dans un contexte où 44,8 % de la population tchadienne vit sous le seuil national de pauvreté et où 36,5 % subsiste avec moins de 2,15 dollars par jour, selon les indicateurs de la Banque mondiale, des initiatives comme celle de Léa deviennent des symboles d’espoir. Le Tchad, classé parmi les nations aux plus faibles indices de capital humain, offre peu de perspectives aux jeunes, mais des parcours comme le sien rappellent que la détermination peut tracer des voies inattendues.

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