Les Maliens placent la santé au cœur des priorités nationales et réclament une couverture universelle
Le Mali a enregistré des avancées notables concernant plusieurs indicateurs de santé publique ces dernières années. Les progrès touchent particulièrement la réduction de la mortalité maternelle et infantile, ainsi qu’une hausse de l’espérance de vie globale. Bien qu’un plan ambitieux pour l’assurance maladie universelle ait été lancé dès 2018, la concrétisation d’un accès équitable à des soins de qualité demeure un défi complexe.
Des obstacles structurels à la couverture sanitaire
Le système de santé malien fait face à des difficultés persistantes, notamment un manque de personnel médical qualifié et des ressources financières limitées, des problématiques accentuées par une instabilité politique prolongée. Les disparités géographiques sont également flagrantes : plus de 50 % des médecins exercent à Bamako, laissant les populations rurales dans une situation de précarité sanitaire.
L’Indice de couverture des services de santé de l’Organisation Mondiale de la Santé attribue au Mali une note de 41 sur 100. Ce résultat situe le pays en deçà de la performance moyenne du continent africain (44) et loin de la moyenne internationale (68).
La santé : une urgence absolue pour les citoyens
Une récente enquête révèle que la santé constitue la préoccupation majeure des Maliens, qui attendent une intervention prioritaire de l’État. Actuellement, seul un adulte sur sept dispose d’une protection sociale médicale. Cette situation génère une inquiétude généralisée quant à la capacité financière des ménages à assumer les frais de soins.
Une immense majorité de la population se prononce en faveur d’un système de santé universel garanti par les autorités. Les citoyens se disent même prêts à accepter une pression fiscale accrue si cela permet d’assurer un accès aux soins pour tous.
Un bilan contrasté sur le terrain
Les usagers des structures publiques rapportent des expériences diverses. Si beaucoup parviennent à obtenir les soins de base, de nombreux freins subsistent :
- Des tarifs de consultation et de médicaments trop élevés ;
- Des temps d’attente particulièrement longs ;
- Une pénurie récurrente de matériel médical et de produits pharmaceutiques.
Près de la moitié des foyers maliens signalent qu’au moins un de leurs membres a dû renoncer à des soins essentiels durant l’année écoulée. Malgré ces zones d’ombre, une part importante de la population (deux tiers) salue les efforts gouvernementaux pour renforcer les services de base et maintient sa confiance envers le Ministère de la Santé.