17 juillet 2026

Niger libéré

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Les femmes béninoises dans l’arène politique : entre avancées et défis persistants

Une première historique dans les hautes sphères de l’État

La nomination de la capitaine Elvire Toupé comme aide de camp du président béninois Romuald Wadagni marque un tournant symbolique. Choisie lors du premier Conseil des ministres du 28 mai, cette officier de la Garde républicaine devient la première femme béninoise à occuper ce poste depuis l’indépendance du pays, le 1ᵉʳ août 1960. Une décision saluée par les observateurs politiques locaux.

Monument dédié aux Amazones du Dahomey à Cotonou

Des modèles féminins inspirants pour les jeunes générations

Régis Hounkpè, spécialiste en géopolitique et directeur d’InterGlobe Conseils, voit dans cette nomination une source d’inspiration majeure pour les jeunes Béninoises. « Les Amazones du Dahomey incarnent le courage et la détermination. Ces guerrières, rétablies dans leur rôle essentiel au sein de la sphère publique, deviennent des références pour les femmes d’aujourd’hui. »

Un héritage historique qui résonne encore

La journaliste Wuldath Moussa Mama rappelle que cette avancée s’inscrit dans la continuité de l’héritage des Agodjié, ces combattantes d’élite du royaume du Dahomey. « Leur nomination questionne : s’agit-il d’une exception ou d’un signal fort pour encourager davantage de femmes à s’engager en politique ? » interroge-t-elle. Cette décision pourrait-elle ouvrir la voie à une participation accrue des femmes dans les instances décisionnelles ?

Une représentation féminine encore limitée dans les institutions

Malgré ces progrès, la présence des femmes dans les fonctions politiques et électives reste insuffisante. Le gouvernement actuel compte six femmes sur un total de 23 membres, un chiffre légèrement supérieur à celui du précédent exécutif dirigé par Patrice Talon (cinq femmes).

Dans l’hémicycle, la situation n’est guère plus encourageante : lors de la dixième législature mise en place en février 2026, seulement 28 femmes siègent parmi les 109 députés, soit 25,7 % des effectifs. Ce taux stagne depuis la législature précédente, malgré les dispositions du code électoral qui imposent un quota d’une femme par circonscription.

Wuldath Moussa Mama souligne les obstacles persistants : « Le problème ne se limite pas aux quotas. Il réside dans la formation des militantes et dans l’espace accordé aux femmes au sein des partis politiques. »

Le cas emblématique de la vice-présidence

La vice-présidente Mariam Chabi Talata, en fonction depuis 2021, incarne une avancée symbolique. Pourtant, son rôle reste principalement protocolaire, conformément à la Constitution béninoise. Une situation qui interroge sur la véritable inclusivité des femmes dans les mécanismes de pouvoir.

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