11 juillet 2026

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Le Gabon face à ses audits financiers : l’heure de vérité à Libreville

Une tension palpable règne à Libreville en cette mi-juillet, alors que les conclusions de deux audits cruciaux sur les finances publiques du Gabon sont imminentes. Ces évaluations approfondies promettent de révéler la véritable situation économique du pays et pourraient bien secouer les fondations de la capitale.

D’une part, le Comité d’audit et de consolidation des passifs exigibles de l’État, mis en place le 17 juin dernier sous l’impulsion du ministre de l’Économie, Thierry Minko, s’apprête à divulguer ses découvertes. Son mandat est de qualifier et de consolider le stock de la dette publique, que les autorités estiment déjà à environ 8 700 milliards de FCFA. Ce montant représente une part significative, entre 70 et 74 %, du produit intérieur brut (PIB) du pays.

D’autre part, la Task force dédiée à la dette publique a, au cours des six dernières années, méticuleusement documenté un système complexe de surfacturations et de projets fictifs. Ces pratiques sont identifiées comme des facteurs majeurs de l’explosion de la dette intérieure, qui a été multipliée par sept entre 2020 et 2023, signalant une gestion préoccupante des fonds publics.

Cette convergence stratégique des échéances d’audit n’est pas fortuite. Elle intervient après que l’eurobond gabonais 2031 a enregistré sa plus forte dépréciation en un an à la mi-avril. Cette baisse faisait suite aux prévisions du Fonds Monétaire International (FMI) évaluant la dette publique à 85,5 % du PIB, bien au-delà du plafond de 70 % fixé par la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Parallèlement, le spread souverain du Gabon a connu une détente notable, passant de plus de 1 100 points de base en janvier 2026 à 689,60 points de base à la mi-avril. Cette amélioration reflète une confiance des marchés dans l’engagement du gouvernement gabonais envers la transparence, plus qu’une simple acceptation de chiffres déjà connus.

Les rapports préliminaires de la Task force avaient déjà, il y a trois ans, mis en lumière des dépassements de coûts substantiels. Parmi eux, un surcoût de 12 milliards de FCFA sur les infrastructures routières de Libreville, des surfacturations de 2,8 milliards de FCFA concernant la route Ndjolé-Médouneu, et un dérapage budgétaire de 47 % pour le stade d’Oyem. Ces sommes, désormais officiellement documentées, constituent une part considérable de la dette que l’audit actuel doit désormais valider et intégrer.

Pour les investisseurs, l’enjeu ne se limite pas au montant final de la dette, mais réside surtout dans les mesures qui seront prises. On anticipe déjà une série de poursuites judiciaires visant des personnalités et décideurs ayant exercé sous le précédent régime d’Ali Bongo. Les autorités de Libreville présentent ces audits comme une étape indispensable à l’assainissement des finances publiques. L’issue de ces investigations déterminera l’accès du pays aux financements concessionnels, essentiels pour la réalisation de son programme d’investissement national.

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