6 juillet 2026

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Le Gabon entre dans l’ère numérique avec son premier data center à Nkok

Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a officiellement inauguré le premier data center du Gabon, stratégiquement implanté dans la zone de Nkok. Cette infrastructure de pointe, développée par ST Digital Data Center Services, représente une avancée majeure pour le pays, renforçant considérablement l’hébergement local des données, la cybersécurité nationale et l’accélération de la transformation numérique.

Certifié Tier III, ce nouveau centre de données respecte les plus hauts standards internationaux, garantissant une fiabilité et une disponibilité exceptionnelles. Il est destiné à optimiser les capacités nationales de stockage, à soutenir l’essor du cloud computing et à accompagner activement les administrations ainsi que les entreprises gabonaises, tout en consolidant la souveraineté numérique du Gabon. Cependant, le Gabon n’est pas le seul sur le continent à s’engager dans cette voie ambitieuse. Des nations comme l’Afrique du Sud, leader incontesté, ou le Maroc, illustrent une tendance panafricaine où chaque pays, quelle que soit sa taille ou sa puissance économique, aspire à une maîtrise totale de son infrastructure numérique.

Ce mouvement est souvent soutenu par des acteurs majeurs du secteur, qu’il s’agisse des hyperscalers mondiaux tels qu’AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud, ou des leaders panafricains comme Teraco, Africa Data Centres et Raxio.

En effet, cinq pays africains dominent actuellement le marché continental, concentrant près de la moitié des infrastructures physiques et plus de 80 % de la puissance informatique active. L’Afrique du Sud, l’Éthiopie, le Nigeria, le Kenya et le Maroc se positionnent comme les locomotives de cette révolution numérique. Derrière eux, des nations comme Maurice, le Ghana ou le Sénégal, qui disposent déjà de 7 à 11 data centers, s’efforcent de maintenir le rythme et de ne pas se laisser distancer.

Qu’en est-il de la Cémac ? L’Afrique centrale a longtemps été perçue comme la région la moins pourvue en infrastructures de colocation tierces, représentant moins de 5 % du parc africain total. Historiquement, la majorité des données y était stockée sur des serveurs privés d’entreprises ou, plus fréquemment, à l’étranger.

Néanmoins, cette dynamique est en pleine mutation, avec une accélération notable du rattrapage. Le Cameroun, par exemple, s’est doté d’un data center via son opérateur historique Camtel à Zamengoé, et plusieurs initiatives privées ont vu le jour à Douala et Yaoundé. Le Gabon vient de franchir une étape décisive avec l’inauguration de son data center national à Nkok, une installation conçue pour héberger l’intégralité des données de l’État et offrir une solution locale et souveraine aux entreprises de toute la sous-région.

D’autres pays de la région suivent cette impulsion : le Congo est sur le point d’inaugurer son propre centre de données cette année, tandis que le Tchad et la République centrafricaine ont déjà lancé des projets similaires, témoignant d’une volonté collective de renforcer leur autonomie numérique.

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