7 mai 2026

Le Burkina Faso enregistre une baisse historique du paludisme, cap sur l’élimination d’ici 2030

Le Burkina Faso a franchi un jalon significatif dans sa lutte contre le paludisme, une maladie dont le pays vise l’éradication complète d’ici 2030. L’année 2025 a été marquée par une diminution sans précédent des cas et des décès liés à cette affection. Ces résultats prometteurs ont été présentés par le ministre de la Santé, le Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 20 février 2026 à Ouagadougou.

Le nombre de personnes atteintes de paludisme au Burkina Faso a considérablement diminué, passant de 10 805 000 cas en 2024 à 7 329 000 cas en 2025, ce qui représente une réduction notable de 32 %. Pour les jeunes enfants de moins de 5 ans, cette baisse est encore plus impressionnante, avec plus de 1 900 000 cas en moins, soit environ 38 %.

Parallèlement, le nombre de décès attribuables au paludisme a chuté de 3 523 en 2024 à 1 900 en 2025, enregistrant ainsi une diminution de 48 %. Le Dr Kargougou a également souligné une réduction de 893 décès chez les enfants de moins de 5 ans durant la même période.

Selon le Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, l’objectif du Burkina Faso est clair : « Éradiquer le paludisme d’ici à l’horizon 2030 ». Pour atteindre cette ambition, il a insisté sur la nécessité de « maintenir les efforts, améliorer l’hygiène du cadre de vie, intensifier la mise en œuvre d’interventions à fort impact telles que la vaccination contre le paludisme, l’usage de moustiquaires imprégnées et la chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS+). Il est également crucial de renforcer la communication pour un changement de comportement, de consolider l’engagement des communautés et d’assurer un financement pérenne ».

Dr Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la santé

Le ministre de la Santé a précisé que ces excellents résultats ne sont pas le fruit du hasard. « Ils découlent d’une vision politique bien définie, portée par Son Excellence le Président du Faso, Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, qui place l’accès équitable aux soins et la protection des citoyens au cœur des priorités gouvernementales. »

Ces avancées reflètent également l’engagement constant du Gouvernement et la mobilisation de tous les acteurs nationaux et partenaires impliqués dans la santé publique.

D’après le Dr Kargougou, la création du Comité national multisectoriel de lutte contre le paludisme (CONAMEP) a considérablement amélioré la coordination nationale. Elle a aussi renforcé la conviction que l’éradication du paludisme nécessite impérativement une mobilisation multisectorielle et une participation active des communautés.

« La campagne nationale de distribution universelle et gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticides à longue durée d’action a permis de distribuer près de 15 millions de moustiquaires de dernière génération bi-imprégnées, avec un objectif clair : atteindre un taux d’utilisation d’au moins 80 %. Ces nouvelles moustiquaires bi-imprégnées se sont avérées plus efficaces contre la résistance aux insecticides que celles précédemment utilisées dans notre pays », a-t-il expliqué.

Plus de 33 000 volontaires communautaires et 7 000 professionnels de la santé ont sillonné les villes et les villages, y compris dans les régions confrontées à des défis sécuritaires, afin d’assurer une protection équitable à tous les ménages, selon le ministre. « Cette approche de proximité a favorisé une meilleure appropriation communautaire et une responsabilité collective accrue », a-t-il affirmé.

En outre, le déploiement à grande échelle de la vaccination gratuite contre le paludisme, opérationnel depuis le 14 août 2025 dans les 70 districts sanitaires du pays, représente une avancée historique supplémentaire dans la lutte contre cette maladie au Burkina Faso.

Pour Lucien Jean-Claude Kargougou, si ces performances sont historiques, c’est aussi parce que chacun a compris que la lutte contre le paludisme est avant tout un combat de comportements et d’adhésion sociale.

« La mobilisation des communautés et la communication ont été des piliers de notre stratégie. Des campagnes d’information adaptées aux réalités locales, l’implication des leaders communautaires et religieux, la sensibilisation en porte-à-porte et l’engagement des médias ont permis de transformer les outils de prévention en pratiques concrètes : dormir sous moustiquaire, faire vacciner les enfants, consulter rapidement en cas de fièvre », a-t-il détaillé.

À cet égard, le ministre Kargougou a lancé un appel à tous les acteurs pour qu’ils maintiennent cette dynamique et relèvent le défi de l’élimination du paludisme.

« Nous invitons l’ensemble des parties prenantes : collectivités territoriales, organisations de la société civile, partenaires techniques et financiers, leaders communautaires, médias et populations, à poursuivre et à intensifier cette dynamique. Ensemble, nous avons démontré qu’il est possible de faire reculer le paludisme de manière significative. Ensemble, nous éliminerons le paludisme au Burkina Faso », a-t-il conclu.

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