15 mai 2026

Laurent Gbagbo reste président du PPA-CI malgré ses déclarations de retrait

Laurent Gbagbo conserve la direction du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire

Malgré ses annonces répétées de retrait de la vie politique, Laurent Gbagbo, figure historique de la Côte d’Ivoire, a été reconduit à la tête de son parti, le PPA-CI, lors de son premier congrès ordinaire. Une décision qui confirme son influence persistante auprès de ses partisans, malgré une période de turbulences pour sa formation politique.

Laurent Gbagbo lors d'un discours

Un leadership qui résiste malgré les défis

Lors de la clôture de son premier congrès ordinaire, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) a officiellement reconduit Laurent Gbagbo à la présidence du parti. Une décision validée par l’acclamation des délégués présents, malgré ses déclarations d’octobre 2025 où il affirmait vouloir se retirer de la vie politique et éviter toute fonction élective.

L’ex-chef d’État, âgé de 81 ans, a été chaleureusement accueilli par ses partisans au Palais des congrès de Treichville, à Abidjan. « Je suis heureux d’être dans cette ambiance chaleureuse, je vous remercie », a-t-il déclaré lors d’une brève intervention, avant d’annoncer un discours plus détaillé le lendemain à Songon, dans le sud du pays.

Un parti en difficulté après des boycotts électoraux

La situation du PPA-CI s’est fortement dégradée après plusieurs boycotts électoraux. Le parti n’a ni soutenu ni présenté de candidat lors de l’élection présidentielle d’octobre 2025, remportée par Alassane Ouattara. De même, il a boycotté les législatives de décembre, privant le parti de toute représentation parlementaire et ne laissant qu’une poignée de maires élus sous ses couleurs.

Cette absence de représentation a été soulignée par la radiation de certains membres, comme Ahoua Don Mello, qui s’était présenté à la présidentielle contre l’avis du parti. Stéphane Kipré, élu député en indépendant, a quant à lui écopé d’une suspension de 18 mois pour désobéissance.

Une motion de soutien controversée à l’Alliance des États du Sahel

Lors du congrès, une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Burkina Faso, du Mali et du Niger, a été adoptée sous les applaudissements. Cette alliance, formée de juntes militaires aux relations tendues avec la Côte d’Ivoire, marque une position politique claire du PPA-CI, en opposition avec le gouvernement ivoirien actuel.

Un avenir politique incertain

Le retour de Laurent Gbagbo sur la scène politique dépendra en grande partie de sa réinscription sur les listes électorales. Une condition qui passe nécessairement par une amnistie accordée par Alassane Ouattara, son successeur depuis 2011, après une crise post-électorale particulièrement violente.

Le parti, autrefois porteur d’une gauche ivoirienne unie, est aujourd’hui fragmenté. Plusieurs figures emblématiques de son époque, comme Simone Ehivet Gbagbo (son ex-épouse), Charles Blé Goudé ou Pascal Affi N’Guessan, ont quitté ses rangs, affaiblissant encore davantage sa base militante.

La reconduction de Laurent Gbagbo à la tête du PPA-CI confirme ainsi la persistance de son ancrage politique, malgré un contexte national et partisan en pleine mutation.

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