4 juin 2026

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L’arrestation de Kemi Seba en Afrique du Sud révèle des liens troubles avec des suprémacistes blancs

En cavale depuis son implication présumée dans une tentative de coup d’État au Bénin en décembre 2025, l’activiste Kemi Seba a été appréhendé par les autorités en Afrique du Sud. Les circonstances de son interpellation dévoilent des connexions inattendues et polémiques. Fait marquant : celui qui se revendique le champion de la cause noire a été capturé en compagnie d’un militant suprémaciste blanc ouvertement hostile aux communautés afro-descendantes.

Cette scène, aussi surprenante qu’emblématique des nouvelles stratégies d’influence dans la région, s’est déroulée le mercredi 15 avril. La police sud-africaine a arrêté Kemi Seba, figure d’un panafricanisme radical, aux côtés de François van der Merwe. Ce dernier, âgé de 26 ans, dirige les « Bittereinders » (« Ceux qui luttent jusqu’au bout »), un mouvement fondé en 2021 qui prétend défendre la minorité afrikaner face à une prétendue discrimination anti-blancs. Surveillé de près par l’Agence de sécurité d’État (SSA), ce groupuscule disposerait de plusieurs centaines de partisans armés.

Une passerelle idéologique financée par Moscou

Le lien entre le militant béninois et le suprémaciste blanc repose sur une organisation nommée la « Société de l’aigle à deux têtes ». Ce réseau, connu sous le nom de Tsargrad, est piloté par l’oligarque ultra-conservateur Konstantin Malofeev. Sous le coup de sanctions internationales depuis 2014 pour son soutien financier aux séparatistes russes en Ukraine, l’homme d’affaires fait également l’objet de poursuites à New York pour violation de ces mesures restrictives.

François van der Merwe s’était d’ailleurs rendu à Moscou en septembre dernier, invité par Malofeev. Depuis ce voyage, il bénéficie d’une couverture médiatique complaisante de la part des organes de presse russes. Malgré deux arrestations récentes — en décembre 2023 pour rixe et en janvier 2024 pour trouble à l’ordre public — le jeune leader afrikaner est présenté par la propagande du Kremlin comme un « prisonnier politique ». Des manifestations de soutien ont même été organisées à son égard dans la capitale russe.

Kemi Seba : un allié paradoxal des héritiers de l’Apartheid

Dans ce jeu d’influence complexe, Kemi Seba semble avoir changé de stature. Lui qui a bâti sa réputation sur la dénonciation du « suprémacisme occidental » se retrouve lié à une mouvance dont l’objectif premier est la préservation de privilèges raciaux datant de l’époque de l’Apartheid. En s’affichant avec les Bittereinders, l’activiste ne flirte plus seulement avec la marginalité, il s’associe à un groupe qui perçoit la majorité noire sud-africaine comme une menace directe.

La gravité de la situation réside dans le fait que les nouveaux alliés de Kemi Seba sont considérés comme une organisation terroriste en Afrique du Sud. Le militant béninois pourrait être accusé d’avoir facilité leurs opérations sur le territoire. Par conséquent, les charges pesant contre lui s’annoncent bien plus lourdes que ce que les premières informations laissaient supposer.

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