La justice au Tchad accusée d’instrumentalisation politique
Les Patriotes pointent une justice tchadienne biaisée après la condamnation de huit opposants
Tchad
Une crise politique et sécuritaire qui s’aggrave
Le parti Les Patriotes a organisé une conférence de presse ce mercredi à son siège de Bololo, dans la capitale N’Djaména, pour dénoncer avec vigueur la situation qui secoue actuellement le Tchad. Hisseine Abdoulaye, porte-parole du mouvement, a livré un état des lieux alarmant de la nation, marquée par une insécurité croissante, des tensions communautaires exacerbées et un recul préoccupant des libertés fondamentales.
Les responsables du parti ont d’abord mis en avant l’aggravation de l’insécurité, notamment dans la région du bassin du Lac Tchad, où les attaques répétées de Boko Haram contre les forces armées tchadiennes se multiplient. Ils ont également évoqué les violences intercommunautaires qui ravagent l’est du pays, en particulier dans la zone du Wadi Fira, où les affrontements ont déjà fait de nombreuses victimes. Pour Les Patriotes, ces crises révèlent les lacunes du système sécuritaire tchadien et alimentent un climat d’instabilité généralisée.
Accusations de durcissement autoritaire et répression politique
Sur le plan politique, le parti dénonce une stratégie délibérée de marginalisation de l’opposition. Il cite en exemple des événements récents comme l’assassinat de Yaya Dillo, l’emprisonnement de Succès Masra, ainsi que la condamnation à huit ans de prison ferme de huit leaders du GCAP (Groupe de concertation des acteurs politiques). Selon Les Patriotes, ces décisions judiciaires visent à étouffer les voix dissidentes et affaiblir toute opposition organisée.
Les responsables du mouvement soulignent l’extrême rapidité avec laquelle les procédures judiciaires ont été engagées contre les membres du GCAP. Ils accusent le procureur de la République, le ministère de l’Administration du territoire et la Cour suprême d’avoir orchestré une manœuvre politique pour neutraliser ce regroupement, officiellement dissous depuis.
Des condamnations contestées pour manque de preuves
Les Patriotes rejettent en bloc les accusations portées contre les huit leaders du GCAP. Les chefs d’accusation, incluant attroupement illégal, association de malfaiteurs, insurrection, rébellion et détention illégale d’armes, sont selon eux dépourvus de fondements solides. Le parti qualifie certaines de ces infractions de purement fictives et dénonce un manque flagrant de preuves tangibles.
Dans leur déclaration, les représentants des Patriotes ont exigé la libération immédiate et inconditionnelle des huit condamnés ainsi que de tous les prisonniers politiques détenus au Tchad. Ils appellent à une intervention urgente de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains pour veiller au respect de l’État de droit dans le pays.
Appel à la mobilisation citoyenne et à l’unité nationale
En conclusion de leur conférence, Les Patriotes ont lancé un appel solennel à l’ensemble des citoyens tchadiens. Le parti exhorte la population à se mobiliser pour défendre les valeurs démocratiques et éviter une escalade des tensions politiques et sécuritaires. Il plaide pour un dialogue national inclusif, seul garant, selon lui, de la stabilité et de la cohésion sociale dans un contexte particulièrement tendu.