4 juin 2026

Niger libéré

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La junte du Burkina Faso rejette la démocratie et prolonge son pouvoir

La junte du Burkina Faso rejette la démocratie et prolonge son pouvoir

Le chef de la junte au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à Ouagadougou

En adoptant une charte inédite, la junte au pouvoir au Burkina Faso s’accorde un délai supplémentaire de cinq ans pour organiser des élections, tout en permettant au capitaine Ibrahim Traoré de se présenter à ces scrutins. Ces annonces, faites lors d’un entretien télévisé diffusé par la RTB, confirment le rejet affiché de la démocratie par les autorités actuelles.

Arrivé au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, Ibrahim Traoré a clairement indiqué lors de cette allocution que les Burkinabè devaient « oublier » la démocratie. « On ne parle même pas d’élections d’abord (…) il faut que les gens oublient la question de la démocratie, la démocratie c’est pas pour nous », a-t-il déclaré. Une position qu’il avait déjà assumée publiquement l’année précédente, affirmant sans détour : « Nous ne sommes pas dans une démocratie ».

une transition politique reportée sine die

La transition politique, initialement prévue pour juillet 2024 après le putsch de janvier 2022, a été totalement remaniée. La junte a non seulement dissous en octobre 2025 la Commission électorale nationale indépendante (Céni), mais a également interdit en février 2026 l’ensemble des partis politiques, dont les activités étaient déjà suspendues. Ces mesures renforcent le contrôle du régime sur le paysage politique burkinabè.

des médias internationaux sous pression

Depuis son arrivée au pouvoir, le régime militaire, connu pour son hostilité envers les pays occidentaux — et notamment la France — a multiplié les restrictions à l’encontre des médias internationaux. Plusieurs chaînes et journalistes étrangers se sont vu interdire la diffusion de leurs contenus au Burkina Faso, tandis que d’autres ont été expulsés. Cette politique de restriction de la liberté de la presse s’inscrit dans un contexte plus large de rejet de l’influence occidentale.

Lors de son entretien, Ibrahim Traoré a également évoqué le cas de son prédécesseur, l’ex-lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, toujours détenu après son extradition depuis le Togo. Accusé de complicité dans des tentatives de coup d’État et de corruption, Damiba est désormais entre les mains de la justice burkinabè, selon les déclarations du chef de la junte.

la situation sécuritaire toujours critique

Le Burkina Faso reste plongé dans une crise sécuritaire depuis près de dix ans, marquée par l’activité de groupes jihadistes responsables de milliers de morts. Bien que l’armée burkinabè et ses alliés, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), soient régulièrement accusés par des ONG d’exactions contre des civils, Ibrahim Traoré a nié ces allégations, déclarant qu’« il n’y a pas de preuves ».

Le chef de la junte a par ailleurs précisé que la Russie, principal partenaire du régime, fournissait du matériel militaire, mais qu’aucun soldat russe ne participait directement aux combats sur le terrain. « Sur le terrain, ce sont les soldats burkinabè qui se battent », a-t-il souligné.

Cette gestion controversée de la crise sécuritaire, couplée au rejet de la démocratie et à la restriction des libertés, continue de susciter des interrogations tant au niveau national qu’international.

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