23 mai 2026

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La France initie une résolution onusienne pour la protection universelle des droits LGBT+

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé ce samedi sur la plateforme X que Paris présentait au Conseil des droits de l’homme des Nations unies un projet de résolution. L’objectif de cette initiative est d’interdire aux États de criminaliser les personnes LGBT+. Cette démarche diplomatique française survient deux mois après l’adoption par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye d’une loi renforçant la répression de l’homosexualité, et alors qu’un citoyen français est actuellement détenu à Dakar en vertu de ce même texte.

« Vous pouvez compter sur la France : elle œuvre, et œuvrera toujours pour que l’agenda des droits humains avance », a affirmé le chef de la diplomatie française, soulignant une « poussée conservatrice » qui, selon lui, se propagerait dans la plupart des régions du monde depuis une décennie.

Une action diplomatique en réponse à la législation sénégalaise du 11 mars

Adoptée par l’Assemblée nationale sénégalaise le 11 mars 2026 avec 135 voix sans opposition, puis promulguée le 30 mars, la nouvelle législation sénégalaise alourdit la peine maximale d’emprisonnement pour les « actes contre nature », la faisant passer de cinq à dix ans. Elle multiplie également par dix le plafond des amendes, le fixant désormais à dix millions de francs CFA. Ce texte, que le Premier ministre Ousmane Sonko a défendu comme une mesure de souveraineté, crée par ailleurs une infraction pour la promotion, le soutien ou le financement de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait précédemment appelé Dakar à ne pas promulguer cette loi, estimant qu’elle violait les engagements internationaux du Sénégal. Le porte-parole du Quai d’Orsay, Pascal Confavreux, avait pour sa part exprimé, le 16 avril, la préoccupation de Paris, précisant que Jean-Noël Barrot avait abordé le sujet avec son homologue sénégalais, Cheikh Niang, lors d’une rencontre au ministère français des Affaires étrangères.

Un citoyen français incarcéré à Dakar

Un ressortissant français est en détention au Sénégal depuis le 14 février, accusé de faits relevant de cette nouvelle législation. Le consulat français à Dakar lui a rendu visite à quatre reprises, d’après les services du Quai d’Orsay, qui sont également en contact avec sa famille. Parallèlement, le 10 avril, un tribunal dakarois avait condamné un jeune Sénégalais né en 2002 à six ans de prison ferme pour des accusations similaires.

Selon les données du ministère français des Affaires étrangères, 62 États à travers le monde criminalisent encore les relations homosexuelles consensuelles, et parmi eux, onze prévoient la peine capitale. La date d’examen du projet de résolution française par le Conseil des droits de l’homme à Genève n’a pas encore été communiquée.

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