5 juin 2026

Niger libéré

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Iyad ag ghaly et les djihadistes : les autorités maliennes lancent une traque à prix fort

iyad ag ghaly et les djihadistes : les autorités maliennes lancent une traque à prix fort

Portrait d'iyad ag ghaly.

Les autorités maliennes ont officiellement lancé un appel à la mobilisation générale contre les figures djihadistes les plus redoutées du Sahel. Une prime record de 2 milliards de francs CFA a été décidée pour toute information menant à l’arrestation d’iyad ag ghaly, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), aussi appelé Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM).

Cette initiative sans précédent intervient dans un contexte de tensions extrêmes après les attaques dévastatrices du 25 avril, où des groupes armés combinés ont frappé simultanément Kidal et Kati, causant notamment la mort du ministre de la Défense, Sadio Camara.

Ce que le gouvernement malien a décidé

Scène de marché à Bamako.

Dans un communiqué diffusé à la télévision nationale, le ministère malien de la Sécurité et de la Protection civile a détaillé les mesures exceptionnelles prises pour lutter contre le terrorisme. Le gouvernement offre des récompenses financières pour la capture ou l’élimination de sept individus considérés comme des menaces majeures pour la stabilité du pays.

Parmi les personnalités ciblées, quatre appartiennent au JNIM, tandis que les trois autres sont affiliées au Front de libération de l’Azawad (FLA). Voici les montants proposés :

  • iyad ag ghaly (chef du JNIM) : 2 milliards de francs CFA
  • Amadou Koufa (chef de la katiba Macina) : 1,5 milliard de francs CFA
  • Abdoulaye Mohamed (alias Habib, katiba Macina) : 1,5 milliard de francs CFA
  • Algabas Ag Intallah (figure politique du FLA) : 1 milliard de francs CFA
  • Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna (responsables du FLA) : 500 millions de francs CFA chacun

Le communiqué précise que ces primes s’appliquent à toute personne fournissant des informations fiables, vérifiables et exploitables permettant l’arrestation ou la neutralisation des suspects.

Portrait d’iyad ag ghaly, l’homme le plus recherché du Sahel

iyad ag ghaly en 2012 lors d'une rencontre avec des officiels.

Né en 1958 à Boghassa, dans la région de Kidal, iyad ag ghaly incarne une menace persistante pour le Mali depuis plus de trois décennies. Son parcours, marqué par des alliances changeantes et une radicalisation progressive, en fait une figure centrale du djihad sahélien.

Après avoir combattu sous les couleurs du colonel Kadhafi en Libye dans les années 1970, il revient au Mali au début des années 1990 et participe à la rébellion touarègue avant de créer plusieurs mouvements armés. Son engagement dans le djihadisme se concrétise en 2007 avec son rapprochement avec le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), précurseur d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

En 2012, il fonde Ansar Dine et prend part à la prise de contrôle du nord du Mali. Cinq ans plus tard, il unifie plusieurs groupes djihadistes sous la bannière du GSIM, qui devient l’une des organisations terroristes les plus actives de la région, opérant au Mali, au Niger et au Burkina Faso.

Selon le Timbuktu Institute, iyad ag ghaly a récemment adopté une stratégie de blocage économique. En ciblant les infrastructures vitales et les voies de communication, il cherche à asphyxier Bamako en privant la population de ressources essentielles. Son objectif ? Affaiblir le gouvernement en place sans nécessairement prendre le pouvoir directement.

Un mandat d’arrêt international a été émis contre lui par la Cour pénale internationale pour des crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis entre 2012 et 2013. Affilié à Al-Qaïda, il reste la cible prioritaire des forces de sécurité maliennes et de leurs partenaires régionaux.

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