28 mai 2026

Niger libéré

Journal en ligne nigérien engagé pour la liberté de presse, la souveraineté et l'information citoyenne.

Hadid kilo : comment ce commerce pousse les enfants de N’Djamena vers le vol

hadid kilo : comment ce commerce pousse les enfants de N’Djamena vers le vol

N’Djamena — Dans les artères de la capitale tchadienne, un phénomène commercial agite les quartiers : le « Hadid kilo ». Derrière ce nom se cache une activité de récupération et de revente de ferraille, qui, bien que lucrative pour certains, soulève des questions éthiques majeures. En effet, ce commerce attire de plus en plus d’enfants, poussés par l’appât du gain facile, au détriment de leur éducation et de leur avenir.

Enfants dans les rues de N'Djamena face au commerce Hadid kilo

une activité lucrative qui séduit les plus jeunes

Les rues de N’Djamena résonnent désormais du cri des commerçants ambulants : « Hadid kilo ! Hadid kilo ! ». Ce commerce de ferraille, en pleine expansion, attire une main-d’œuvre bon marché et, souvent, mineure. Des pousse-pousse remplis de métaux sillonnent les quartiers, tandis que des enfants, parfois très jeunes, y participent activement. Les observateurs locaux s’inquiètent de cette tendance, d’autant que certains de ces commerçants opèrent sans autorisation légale, notamment ceux venus d’ailleurs, comme le Niger ou le Nigeria.

Leur stratégie ? Acheter des objets de valeur à bas prix, souvent auprès d’enfants vulnérables, pour les revendre ensuite. Les gains, bien que modestes, suffisent à motiver ces jeunes à s’adonner à cette activité au détriment de leurs études ou de leur intégrité morale.

des cas concrets qui interrogent

Les exemples de vols commis par des mineurs au profit de ce commerce sont légion. Dans le quartier Ngabo, un enfant de 10 ans a échangé la bouteille de gaz de sa mère contre 600 FCFA. À Ndjari, un autre, âgé de 8 ans, a cédé le vélo de son petit frère pour seulement 250 FCFA. Plus grave encore, dans le quartier Zafaye, un mineur a vendu une partie du moteur de la voiture familiale pour 1 000 FCFA. Ces récits, aussi variés qu’inquiétants, illustrent l’ampleur du problème.

Pour les parents, cette situation est intenable. Non seulement leurs biens disparaissent, mais leurs enfants développent des comportements déviants, parfois encouragés par des adultes peu scrupuleux. Beaucoup craignent que cette pratique ne se généralise, transformant des quartiers entiers en terrains propices à la délinquance juvénile.

appels à l’action des autorités et de la société civile

Face à cette crise, les habitants de N’Djamena multiplient les demandes d’intervention. Ils exigent des mesures radicales : interdiction formelle de l’achat de ferraille auprès des mineurs, contrôle renforcé des commerçants ambulants, et sanctions immédiates contre ceux qui exploitent les enfants. Les voix s’élèvent également pour réclamer des programmes sociaux visant à protéger la jeunesse et à leur offrir des alternatives éducatives et professionnelles.

Les autorités locales sont désormais sous pression. Elles doivent agir vite pour endiguer ce phénomène avant qu’il ne prenne des proportions incontrôlables. Car au-delà des pertes matérielles, c’est l’avenir de toute une génération qui est en jeu. « Si rien n’est fait, nous risquons de perdre une partie de notre jeunesse dans la spirale de la pauvreté et de la délinquance », alerte un parent résidant dans l’un des quartiers les plus touchés.

un défi pour la cohésion sociale

Le « Hadid kilo » ne se contente pas de poser un problème économique ou sécuritaire : il menace la stabilité sociale de N’Djamena. En poussant les enfants vers le vol, il mine les valeurs fondamentales de la société et fragilise le tissu familial. Les initiatives de sensibilisation, les contrôles policiers et les sanctions administratives ne suffiront pas à résoudre ce problème sans une mobilisation collective.

Les parents, les enseignants et les responsables communautaires doivent unir leurs forces pour protéger les mineurs. Il est temps de leur offrir des perspectives dignes, loin des tentations du gain facile et des risques de l’exploitation. Car une société qui néglige ses enfants hypothèque son propre avenir.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes