4 juin 2026

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Gabon : les députés évaluent l’action du gouvernement lors d’un débat clé

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Gabon : les députés évaluent l’action du gouvernement lors d’un débat clé

Libreville, mercredi 3 juin 2026 – Les députés gabonais ont marqué un tournant institutionnel en interrogeant directement les responsables politiques sur les priorités nationales.

L’Assemblée nationale a servi de cadre mardi à un exercice démocratique sans précédent depuis le début de la 14ème législature. Les élus ont épluché les politiques publiques à travers près de vingt questions adressées au gouvernement, révélant les défis majeurs auxquels fait face le pays : pouvoir d’achat, éducation, santé, sécurité, emploi et souveraineté économique.

Cette session parlementaire, tenue au Palais Léon Mba, survient à quelques jours du Congrès du Parlement prévu le 15 juin, où le président Brice Clotaire Oligui Nguema présentera un bilan détaillé de la situation nationale.

La jeunesse gabonaise, au cœur des préoccupations

Parmi les sujets les plus commentés figuraient l’augmentation des cas de consommation de substances illicites dans les établissements scolaires. L’honorable Huguette Tsono, sixième vice-présidente de l’Assemblée nationale, a interpellé le gouvernement sur ce phénomène grandissant. Hermann Immongault, vice-président du gouvernement, a reconnu l’urgence de la situation tout en réaffirmant l’engagement de l’État à protéger le système éducatif.

Ce débat dépasse le cadre scolaire. Il engage l’avenir du Gabon, où les jeunes représentent une part majoritaire de la population. La lutte contre les addictions s’impose alors comme un pilier de la stabilité sociale et du développement économique.

L’éducation nationale a également fait l’objet d’échanges intenses. Face aux interrogations du député Dorland Chancely Olengué, la ministre d’État Camélia Ntoutoume-Leclercq a confirmé que les réformes en cours progressent selon le calendrier gouvernemental. Une réponse qui reflète les attentes pressantes des familles, bien que les améliorations structurelles nécessitent du temps.

Souveraineté économique : une priorité affichée

Les questions économiques ont occupé une place centrale lors de cette séance. Le débat autour de l’interdiction progressive des importations de poulet de chair a illustré la nouvelle orientation des politiques publiques. Pour Pacôme Kossy, ministre de l’Agriculture, cette mesure vise à structurer une filière avicole locale capable de répondre à la demande nationale tout en générant des emplois.

Derrière cette décision se profile une ambition plus large : réduire la dépendance alimentaire du Gabon et stimuler la production locale. La réforme minière présentée par le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, s’inscrit dans cette même logique. L’interdiction des exportations de manganèse brut s’insère dans une stratégie de transformation locale visant à maximiser la valeur ajoutée sur le sol gabonais.

Cette approche rompt avec le modèle traditionnel d’exportation de matières premières, s’alignant sur les tendances observées dans plusieurs nations africaines engagées dans l’industrialisation de leurs ressources naturelles.

Urgences sociales : des défis persistants

Les débats ont également mis en lumière des préoccupations quotidiennes. Les difficultés liées à la délivrance des cartes nationales d’identité et des passeports ont été soulevées devant le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba. Une problématique particulièrement sensible pour les populations éloignées des grands centres urbains, où l’accès aux services administratifs reste un défi.

Les interrogations concernant les retraités, les assurés de la CNAMGS, les personnes en situation de handicap et les mères célibataires ont également été abordées avec la ministre des Affaires sociales, Armande Longo épouse Moulengui. Ces échanges rappellent qu’une croissance économique, aussi robuste soit-elle, ne peut se concrétiser sans une amélioration tangible des conditions de vie des citoyens.

Le Parlement retrouve son rôle central

Au-delà des réponses ministérielles, cette séance a marqué le retour en force de l’Assemblée nationale comme espace de débat public. En donnant la parole aux représentants du peuple sur des thèmes aussi variés que la sécurité alimentaire, la transformation industrielle, l’éducation, la santé ou la gouvernance administrative, les députés ont réaffirmé leur rôle de contrôle démocratique.

La clôture des travaux par le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga Ndiaye, a ouvert la voie au prochain Congrès du Parlement, un événement politique majeur qui permettra d’évaluer les avancées des réformes initiées depuis la Transition.

Cette première séance de questions orales de la 14ème législature s’impose comme un indicateur précieux. Elle révèle un pays engagé dans des transformations profondes, mais confronté à des attentes sociales pressantes.

Entre souveraineté économique, modernisation de l’État et amélioration du quotidien, le gouvernement est désormais jugé sur sa capacité à traduire ses ambitions en résultats concrets. C’est sur ce terrain que se jouera, dans les mois à venir, la crédibilité de l’action publique gabonaise.

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