Gabon : le Maroc investit 40 millions d’euros dans l’industrie du ciment
Un partenariat industriel ambitieux entre le Gabon et le Maroc
À Libreville, le 20 mai 2026, le président-directeur général de Ciments de l’Afrique (CIMAF), Anas Sefrioui, et le président de la transition gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, ont officialisé un accord historique. Ce dernier prévoit un investissement de 40 millions d’euros pour moderniser l’usine d’Owendo et y ajouter une troisième ligne de production. Une initiative stratégique visant à répondre à l’explosion de la demande en matériaux de construction, tirée par les vastes projets d’infrastructure en cours dans le pays.
Une gouvernance partagée pour une industrie plus souveraine
L’opération ne se limite pas à un simple apport financier. Elle marque un tournant dans la gestion de l’entreprise locale. Le gouvernement gabonais a décidé de porter sa participation au capital de la filiale à 20%, contre 10% acquis en décembre 2025. Cette montée en puissance s’inscrit dans une politique économique nationale lancée en août 2023, qui vise à transformer les investissements étrangers en coentreprises nationales. Une approche permettant à Libreville de renforcer son contrôle sur des secteurs stratégiques.
CIMAF recentre ses activités sur l’Afrique
Pour le groupe marocain dirigé par Anas Sefrioui, cet investissement s’aligne sur une réorientation majeure de sa stratégie. Après avoir cédé sa dernière cimenterie en France, CIMAF accélère son désengagement du marché européen, jugé saturé et peu rentable. Le continent africain, en pleine expansion urbaine et infrastructurelle, devient le cœur de ses ambitions industrielles. Routes, ponts, logements : les besoins en ciment et matériaux de construction y sont en constante augmentation.
Un modèle économique innovant pour le Gabon
Cette collaboration entre le Maroc et le Gabon dépasse le cadre industriel. Elle illustre une volonté de diversification économique pour Libreville, dont l’économie dépend encore largement des revenus pétroliers. En associant capitaux privés marocains, soutien public gabonais et intégration régionale, ce partenariat pourrait servir de référence pour d’autres secteurs stratégiques. Une avancée majeure dans la construction d’une économie plus résiliente et indépendante.