Gabon : comment l’espace booste la couverture numérique du pays
Le Gabon a choisi de placer l’innovation spatiale au cœur de sa stratégie de développement numérique. Les décideurs du pays ont lancé, ce lundi 27 juillet à Libreville, un séminaire d’envergure dédié à l’avenir des télécommunications sous l’égide de Mark-Alexandre Doumba, ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation. L’objectif ? Faire des satellites un levier majeur pour réduire les inégalités d’accès au très haut débit et renforcer la souveraineté du pays.
Aboubakar Mambimba Ndjoungui, directeur général de l’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (Ageos), et Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, à la tête de l’Agence nationale des infrastructures numériques et des fréquences (Aninf), ont participé activement à ces échanges. Leur mission : définir les contours d’une politique nationale ambitieuse, alignée sur les défis technologiques du XXIe siècle.
Le ministre a souligné l’urgence d’agir : « Les choix que nous opérons aujourd’hui en matière d’infrastructures spatiales et numériques façonneront notre autonomie stratégique pour les générations futures. » Une déclaration qui résume l’ambition du Gabon de ne plus dépendre des solutions étrangères pour ses besoins cruciaux en connectivité.
Pourquoi le Gabon mise sur le spatial pour couvrir son immense territoire
Avec près de 90 % de son territoire recouvert par la forêt équatoriale, le Gabon fait face à des défis logistiques majeurs pour étendre ses réseaux terrestres. La fibre optique, bien que performante, ne peut couvrir seule l’ensemble du pays. C’est pourquoi les autorités privilégient une approche mixte, combinant réseaux terrestres et solutions satellitaires. Cette stratégie vise à apporter un accès internet haut débit dans les zones reculées, en bord de mer et dans les régions difficiles d’accès.
Le Gabon ne cherche pas seulement à moderniser son infrastructure : il veut aussi rendre le numérique accessible à tous ses citoyens. Comme l’a expliqué Aboubakar Mambimba Ndjoungui, « l’enjeu est de permettre à un habitant d’une localité isolée de bénéficier des mêmes services qu’un citadin. Par exemple, prendre un rendez-vous médical en ligne avec un spécialiste basé à Libreville, sans délai ni coupure. »
Vers une autonomie numérique grâce à un écosystème spatial local
Les travaux menés lors de ce séminaire explorent plusieurs pistes pour bâtir un écosystème spatial gabonais robuste. Parmi les priorités : l’élaboration d’un cadre réglementaire adapté, le renforcement de la cybersécurité et la protection des données sensibles. Les participants ont également identifié les besoins spécifiques des administrations, afin d’intégrer pleinement le spatial dans les services publics.
À l’issue de ces ateliers, une feuille de route stratégique sera transmise au président de la République. Ce document servira de base pour lancer des projets concrets, visant à faire du Gabon un acteur de premier plan dans le domaine spatial en Afrique centrale. Une ambition réaliste, portée par une volonté politique forte et une vision à long terme.